Auteur auto-édité ou indépendant : pourquoi je fais la distinction ?

C'est quelque chose qui m'a un peu déroutée au début, cette possibilité de dire que l'on est auteur auto-édité ou indépendant. Car je sentais que ce n'était pas tout à fait la même chose, alors que certains auteurs utilisent les deux termes un peu au hasard ou selon la sonorité qu'ils préfèrent.

Finalement, après deux ans et demi d'auto-édition, j'ai choisi de faire la distinction de manière réfléchie et consciente. Pourquoi ? Qu'est-ce que cela peut bien changer, dans le fond ? Est-ce que l'on parle de la même chose ? Pour moi, pas vraiment.

Dans ce petit article je vais essayer de vous expliquer quelle différence je fais entre un auteur auto-édité ou indépendant. Et je vais vous dire pourquoi cette différence me semble importante pour le mental.

Avant de commencer, comme toujours, je rappelle que tout ça n'est que mon opinion. Elle n'engage que moi et elle n'a pas pour but de "diviser", mais d'apporter une piste de réflexion qui, je pense, peut changer par mal de chose.

A bon entendeur... je vous explique... 😉

L'auto-édition pour tout le monde

Nous sommes d'accord, être auteur auto-édité ou indépendant, sur la base, ça reste la même chose : publier son livre par soi-même. C'est l'étape où l'on sort un livre du placard pour le rendre public (et payant) via ses propres ressources. Il peut s'agirfinal de publier son livre au format numérique, ou seulement au format papier, ou bien les deux.

Etre auteur auto-édité ou indépendant, c'est donc être un auteur multi-fonction : écriture - correction - publication - promotion. Et chaque étape demande des compétences différentes, que l'on développe avec le temps, que l'on améliore... selon ses objectifs.

Car pour moi, la différence entre un auteur auto-édité et indépendant se trouve là : dans les objectifs de cette "auto-publication".

Des objectifs différents

Je tiens à dire qu'il n'y a pas d'objectifs meilleurs que les autres. Chacun fait ce qu'il veut et la démarche de s'auto-éditer est courageuse et honorable, quelle que soit la finalité.

Mais nous sommes d'accord et ça ne sert à rien de le nier, il y a autant d'auteurs que d'objectifs. Et en gros, il y a deux extrémités : les auteurs qui publient leur livre juste pour le faire. Et ceux qui développent une "carrière" autour de l'auto-publication.

Vous commencez à me voir venir avec cette distinction "auto-édité vs. indépendant". Voici donc ma perception pour chaque "type d'auteur" :

L'auteur auto-édité...

Un auteur auto-édité est, selon moi, une personne souhaitant publier son livre pour le plaisir de le faire. Elle aime écrire, partager son histoire, souhaite qu'elle soit lue. Elle partage un peu sur les réseaux sociaux et avec son entourage.

Il n'y a pas de pression, cette auto-publication est un peu comme un "loisir" que l'on fait en parallèle à autre chose, sans objectifs concrets pour aller plus loin. Il n'y a pas de démarche particulière pour se former et s'améliorer.

Attention : je ne retire en rien les efforts que l'auto-publication nécessite. Certains auteurs totalement novices vont se surpasser pour publier sur Amazon car ils ne sont pas du tout habitués à ce fonctionnement, et vont sortir de leur zone de confort pour créer une page Facebook. Mais après ?

... auteur indépendant

La vision que j'ai d'un auteur indépendant est une vision plus "entrepreneuriale". Un auteur indépendant, c'est donc un auteur qui a des objectifs concrets en termes de lectorat, de ventes, de revenus. C'est un auteur qui instaure des stratégies pour atteindre ses objectifs, se forme et cherche toujours à s'améliorer.

Selon moi, un auteur indépendant, c'est donc une personne qui considère la publication de son livre comme un travail à part entière. Cela n'enlève rien à la sincérité de l'auteur lorsqu'il promeut ses livres. C'est juste que l'auteur décide de se mettre une forme de pression pour que ces livres soient lus, le plus possible, pour partager un message et/ou générer des revenus.

Vous l'aurez compris, je me retrouve davantage dans cette deuxième partie.

Et entre les deux ?

Du coup, on peut être au début un auteur auto-édité... puis y prendre goût et devenir lentement un auteur indépendant. C'est un chemin qui se fait, au fond de soi, en fonction des découvertes et des opportunités. 

Personnellement, dès la publication de mon premier roman en 2015, j'étais déjà dans une optique d'entrepreneur : je savais que j'allais quitter mon boulot pour vivre de mes romans, et que j'allais devoir me battre pour ça.

Etes-vous un auteur auto-édité ou un auteur indépendant ? La réflexion est ouverte !

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Pour mitiger mon discours (je ne voudrais pas déchaîner des foules), je soulève cette question : y a-t-il un entre-deux, entre l'auteur "loisir" et l'auteur "entrepreneur". Très certainement !

Il existe des auteurs qui vont se surpasser pour faire connaître leur livre. Ils ne vont pas se contenter de publier et "d'oublier". Ils vont chercher des ressources pour aller un peu plus loin. Pour autant, ils ne veulent pas être dans une démarche "entrepreneur".

Ils n'iront, par exemple, pas créer une (auto-entreprise), ne se prendront pas la tête avec des questions de rentabilité (pourvu qu'ils ne perdent pas d'argent).

Donc voilà, forcément tout n'est pas "tout noir ou tout blanc", il y a autant d'auteurs que de parcours, d'objectif. Mais dans ma tête, j'ai décidé de faire cette distinction entre ces deux extrêmes "auto-édité ou indépendant".

Pourquoi est-ce important ?

À quoi vous pensez quand quelqu'un vous dit "je suis indépendant" ? Vous ressentez peut-être les défis que la personne a dû affronter, le travail qu'elle a dû fournir... Vous comprenez que c'est aujourd'hui "son métier", elle est son "propre patron" et la nourriture dans le frigo ne vient plus d'une feuille de salaire régulière et sécurisante, mais bien de son travail, chaque jour.

Bon, c'est ma façon de voir les choses, ça ne veut pas dire que c'est pareil pour vous. Mais vous me comprenez peut-être 🙂

En tout cas, j'ai commencé à me rendre compte de l'importance de ce mot "indépendant" avec le temps. Au début pendant mes dédicaces, je disais l'un comme l'autre, selon mon inspiration. Puis je me suis aperçue qu'auteur auto-édité, ça ne collait pas complètement à ma mentalité. Alors, j'ai favorisé "auteur indépendant", sans trop savoir ce que ça allait m'apporter.

Finalement, aujourd'hui, je vois et ressens clairement ce qu'UN MOT peut changer : la psychologie. La perception que j'ai de mon travail, et celle des lecteurs aussi.

Je le dis souvent : tout est dans la tête et tout est une question de perspective. Le jour où j'ai décidé d'être indépendante et plus seulement auto-éditée, j'ai gagné une forme de force, de détermination. Aujourd'hui, je "porte" cette indépendance. Ça m'aide encore plus à aller de l'avant, à trouver mes lecteurs malgré les difficultés...

Alors, et vous ? Etes-vous plutôt un auteur auto-édité ou indépendant ?

Avoir votre ressenti sur cet article serait vraiment intéressant pour savoir si d'autres auteurs font cette distinction, si vous pensez qu'elle peut apporter quelque chose 🙂 ?

À propos d' Anaïs de Vivre de Ses Romans

Je suis auteur indépendante depuis 2015. En novembre 2016, j'ai décidé de devenir auteur-entrepreneur et de mettre en place des stratégies afin de vivre de ma passion. Sur ce blog je partage avec vous mon expérience dans le monde de l'auto-édition et vous guide, si vous aussi vous souhaitez vivre de vos romans.

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  • Lynda dit :

    J’imagine que tu t’en doutes, je suis passée de l’auteur auto-édité à l’auteur indépendant… et même maintenant à l’auteur hybride 🙂 Au début j’ai auto-édité pour voir, pour faire plaisir à mes proches… et aussi pour me rassurer, me prouver à moi-même que j’étais capable d’aller au bout d’un roman.
    Puis quand ça a commencé à marcher, que j’ai dépassé les premières ventes dans le cercle de proches, j’ai peu à peu changé d’optique. Aujourd’hui j’envisage sérieusement d’en vivre un jour, alors qu’il y a à peine 3 ans j’aurais pris ça comme un doux rêve.
    A présent que je suis aussi éditée en traditionnel, je conserve quand même cette notion d’autrice indépendante, car certains de mes romans ne rentreront jamais dans les “cases” de l’édition traditionnelle (c’est aussi un des avantages de l’autoédition).

    • Merci de ce retour Lynda 😉
      Alors aujourd’hui, même si tu as un pied dans l’édition traditionnelle, tu te sens toujours “auteur indépendante”, car tu as encore des romans en auto-édition et car tu as un objectif d’en vivre. C’est bien ça ?

      Pour aller plus loin, je voulais te demander : est-ce que tu penses quand même avoir perdu une forme d’indépendance en devenant hybride ? Ou alors, le stade encore au dessus ? Ou parallèle ?

      ^^ Tu as le droit de ne pas répondre si mes questions métaphysiques t’ennuient !

  • Jérôme dit :

    Alors moi, je ne fais pas du tout cette distinction, et je pense que c’est une erreur de la faire.
    Le mot “indépendance” ne fait pas référence à mon sens au statut professionnel. On peut très bien être indépendant (avoir son entreprise) et édité en maison d’édition.
    Je crois plutôt que le mot “indépendant” renvoie à l’absence de maison d’édition. On est indépendant de quoi ? de maison d’édition. Ce serait donc un synonyme d’auto-édité.

    • Bonjour Jérôme, merci d’avoir partagé ton avis !
      C’est un point de vue intéressant. J’ouvrais surtout la parenthèse de l’indépendance au sein même de l’auto-édion et non comparé au ME.
      Donc, y a-t-il plusieurs formes d’indépendance… au sein de l’indépendance ? ^^

  • Azel Bury dit :

    Moi, je fais la distinction entre auto-édité et auto-publié. 😉
    L’auto-édition, c’est un travail d’éditeur, un vrai travail, complet. On pourrait presque dire : auto-éditeur.
    Tandis que la l’auto-publication, c’est cliquer sur un bouton sur KDP ou autre pour y mettre un fichier.
    Indép’, c’est bien, mais je me sens dépendante, quand même, d’un tas de choses que je ne maitrise pas. Notamment d’Amazon.

    • Ah c’est intéressant cette distinction “édité – publié” ^^
      C’est vrai que ça sonnerait presque plus juste, je n’y avais pas pensé.
      Après j’associe beaucoup le terme “indépendance” à l’esprit entrepreunarial 🙂
      Merci beaucoup pour cet avis !

  • ChMeessen dit :

    Dans ce billet tu exposes ton esprit d’entreprise pour justifier ton choix. Mais je serais aussi intéressé de savoir s’il y a des contraintes fiscales ou juridiques qui peuvent imposer de passer de l’auto-édition à l’édition indėpendante ? Est-ce un seuil de revenu ? Est-ce un pourcentage de temps d’activité ?

  • sonia dit :

    Bonjour,

    J’ai lu attentivement cet article.
    Pour ma part, Je ne fais aucune distinction entre auto-édité, auto-publié, auteur-entrepreneur et indépendant, car les lecteurs font déjà la distinction entre les auteurs sans maison et les auteurs qui sont édités en maison d’édition.
    J’ajoute à cela que lorsque l’on est édité en petite maison, en tant qu’auteur, nous sommes obligés de faire notre auto promo, auto communication, démarcher des salons etc. Nous ne sommes pas accompagnés à 100 % (je suis en maison à compte d’éditeur et non auteur). Ce qui voudrait dire qu’il y a encore un autre type d’auteur.
    C’est déjà assez compliqué d’expliquer à un lectorat que ce n’est pas parce que vous n’êtes pas publié que vous êtes un mauvais auteur.

    Je trouve dommage qu’il faille encore se distinguer alors qu’il suffit juste que le lectorat français accepte tout simplement les auteurs inconnus qui ne sont pas publiés de façon classique. Les anglo-saxons ne se prennent pas la tête autant que nous.

    Je suis auteure auto-éditée qui a vendu son roman sur les réseaux. Je suis auteure publiée en maison. J’ai aussi écrit une guide pour aider les écrivains en herbe à se lancer. J’ai un blog, un groupe facebook et j’accompagne un site internet qui se consacre à l’auto-édition. Et ce n’est pas mon métier. En gros, je suis partout et je suis nulle part 🙂 Je ne rentre dans aucune case.

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