Laure Manel : être éditée chez Michel Lafon, un rêve devenu réalité.

Jan 02

Laure Manel, c'est un parcours dont beaucoup d'auteur indépendant rêve : être repéré par une maison d'édition, distribué en librairie et connaître un succès grandissant avec la sortie du format Poche. Alors, comment Laure Manel a-t-elle réalisé ce rêve d'être éditée chez Michel Lafon, comme Agnès Martin Lugand avant elle ? Réponse dans cette nouvelle interview.


Ecouter l'audio de l'interview :


La retranscription de l'interview :

Bonjour Laure  ! Merci de prendre le temps de répondre à mes questions sur l’auto-édition et l’édition traditionnelle. Le but de cette rencontre est de montrer aux auteurs qui nous écoutent ce qu’il est possible de réaliser en tant qu’auteur. Toi, tu as commencé par l’auto-édition, c’est bien ça  ?

Oui, j’ai publié « Histoire d’@ » en juin 2015 en auto-édition pour avoir des lecteurs tout simplement. On ne peut pas catapulter son livre en librairie très facilement et j’avais entendu parler de l’auto-édition, notamment celle en numérique.

Dans les mois précédents, j’avais fait quelques envois en maison d’édition sans succès (rires). En même temps, je n’avais pas une grande conviction, mais je ne voulais pas avoir de regrets ! Donc j’ai d’abord tenté la voie classique, puis l’auto-édition.

Comment se sont passé tes débuts  ?

Très timidement et c’est même un euphémisme (rires). Mon premier titre était trop original, je pense. C’était un roman épistolaire, pas toujours très apprécié… Et il avait une couverture un peu trop « fait maison ». Ça ne permettait pas d’attirer l’attention.

Je suis donc partie de rien, avec un pseudo. Je me suis créé une page Facebook le jour de la sortie, donc je ne connaissais personne avant… J’ai lancé mon premier livre, en l’occurrence sur la plateforme Amazon Kindle, vraiment comme une bouteille à la mer… et elle risquait de se perdre !

Ça a évolué comment, ensuite ? Qu’est-ce que tu as mis en place pour faire bouger les choses  ?

J’avais déjà commencé mon deuxième roman « L’embarras du choix ». Je me suis tout de suite dit que je n’allais pas l’envoyer aux éditeurs, parce que c’était du temps et de l’argent de perdus.

Par contre, j’ai décidé de faire appel à un graphiste professionnel pour la couverture. Du coup, je lui ai demandé de reprendre celle d’« Histoire d’@ ». Il a donc fait les deux en même temps. Je pense que la couverture n’est vraiment pas à négliger en auto-édition !

C’était le grand changement entre la sortie du premier et du deuxième. Entre-temps, j’ai fait aussi connaissance avec d’autres auteurs indépendants, via les réseaux sociaux, le groupe « Auteurs indépendants sur Kindle ». J’ai appris petit à petit les règles de Kindle pour les promos et les choses comme ça.

J’ai donc lancé « L’embarras du choix » en janvier 2016 et il a tout de suite mieux marché que le précédent... Et il a aussi tiré vers le haut le premier livre. Pour donner un ordre d’idée, quand j’ai lancé le deuxième, j’avais vendu 300 eBooks du premier en six mois. Ce n’est pas énorme (rires) !

Ce deuxième roman a donc décollé assez facilement. Qu’est-ce qui a changé par rapport premier ?

Ce sont les promos sur la boutique Kindle.

Qu’est-ce qui selon toi t’as permis d’avoir ces promos ?

Je ne sais pas trop… J’étais sur Amazon KDP select, donc en exclusivité Kindle. Je crois que j’avais vraiment mieux compris les règles d’Amazon. À l’époque, il ne fallait pas baisser son prix.

Par exemple, quand on a KDP select, on peut faire cinq jours gratuits… Le problème en faisant ça, c’est qu’on se ferme la porte aux promos. En effet, il ne faut pas changer son prix pendant plusieurs mois pour être éventuellement sélectionné…

Enfin bref, j’avais suivi les règles et à partir de là, j’ai eu une proposition de KDP pour une promotion, que j’ai acceptée. J’ai eu une offre éclair, puis l’offre des ponts du mois de mai, et encore une offre du mois sur les deux titres. Globalement en avril, mai, juin 2016 j’ai eu plusieurs promos d’affilées. Mes livres sont devenus visibles alors qu’ils ne l’étaient pas avant.

Tu es passée en édition traditionnelle depuis. Combien de livres as-tu publiés en auto-édition avant d’être remarquée par les maisons d’édition ?

J’ai publié ces deux romans et un petit livre jeunesse en juillet 2015. Mais bon, il n’a pas été beaucoup lu. Ce qui a tout changé, c’est le 1er novembre 2016, quand j’ai publié « La Délicatesse du homard ».

Celui-ci est arrivé dans le top des ventes très très vite. Il était dans le top 100 dès le premier jour et dans le 10 très rapidement. Je ne me souviens plus exactement, mais en trois semaines, il a été numéro 1 sur Amazon par intermittence et sur trois mois, il est resté 50 jours numéro 1.

Tu sais ce que tu as changé par rapport à ton deuxième livre  ? Est-ce que c’est le fait que ce soit le troisième, avec déjà un lectorat ou est-ce que tu as fait une promotion différente, par exemple  ?

Pas vraiment. C’est la continuité, je crois. En effet, j’avais acquis un certain nombre de lecteurs qui attendaient la sortie du livre, mais je ne pense pas que ce sont les lecteurs que j’avais qui l’ont catapulté comme ça. Ça a dépassé mon lectorat très vite.

Il s’est passé quelque chose… Peut-être la couverture. Une fois de plus, elle est hyper importante. Elle a intrigué, elle a un peu fait « tilt ». Il y a le titre aussi… Souvent en salon, on me dit encore qu’il fait mouche.

Combien de temps as-tu mis entre le moment où le livre était prêt et le moment où tu l’as sorti  ?

Je m’étais fixé la date du 1er novembre donc je m’y suis tenue. J’avais fini le premier jet en septembre peut-être… Il a fallu faire les relectures et les retouches, le travail sur la couverture… Même le titre je l’ai trouvé assez tardivement, après l’écriture.

Donc à peine deux mois ! C’est super intéressant parce que j’ai tendance à faire de gros lancements sur quatre ou six mois. Mais c’est mon challenge de faire quelque chose de plus bref la prochaine fois, car c’est épuisant.

Et au niveau de la relecture, tu passes par des professionnels ou tu as un réseau de bêtalecteurs  ?

Pour « La délicatesse du homard », j’avais 12 bêtalecteurs dont trois hommes pour respecter le quota trois quarts de femmes, un quart d’hommes… Ils m’ont fait des retours, mais je ne cherchais pas un travail sur le style et tout ça. C’était plutôt au niveau de la cohérence de l’histoire, l’intérêt des personnages… Donc pas de professionnels. Ça restait de l’auto-édition classique comme plein d’auteurs indépendants… 

Ces bêtalecteurs ont participé au lancement du livre ?

Certains d’entre eux avaient des blogs et ont fait une chronique assez rapidement au moment de la sortie. Mais je ne suis pas vraiment sûre que ça ait beaucoup influencé les ventes, surtout en numérique sur Kindle.

Par la suite, tu as été contactée par des éditeurs et tu t’es tourné vers eux. Comment s’est passé cette transition ? Quels ont été tes doutes, tes attentes quand «  La délicatesse du homard  » a été un succès et que les éditeurs ont commencé à s’intéresser à toi  ?

C’est vrai que quand il s’est retrouvé dans le Top 10, je les attendais un peu… Plus mon livre montait, plus je me disais que j’allais peut-être être contactée par un éditeur… Ça se sait dans le milieu des auteurs indés. Après, il y a aussi des auteurs indés qui marchent très bien et qui ne sont pas forcément contactés.

En trois semaines, le premier éditeur a appelé, je n’étais même pas encore numéro 1. Ça fait très bizarre d’avoir un professionnel au téléphone qui fait des éloges sur ton livre ! On part de l’anonymat le plus complet, en toute modestie… C’est incroyable quand des professionnels font un retour enthousiaste de ton livre et te proposent une édition.

Après il y a eu six éditeurs ! Alors, effectivement j’ai eu une phase un peu de stress d’aller vers l’inconnu, de faire le bon choix sur l’éditeur… On ne sait jamais trop ce qui nous attend.

Il y a aussi eu tout ce qui est négociations de contrats, avec les droits numériques. J’avais peur de perdre une certaine forme de liberté. En effet, en auto-édition on a une grande liberté d’action, notamment sur le timing, la liberté de publier à la fréquence de notre choix. En édition traditionnelle, le rythme est plutôt d’un livre par an et moi je trouvais ça peu.

Je m’étais tout de suite dit que je voulais pouvoir continuer en auto-édition à côté et d’ailleurs c’est dit dans mes contrats. Donc après « La délicatesse du homard », j’ai publié un recueil de nouvelles en auto-édition, « La toute dernière fois », publié en novembre 2017, entre mes deux titres chez Michel Lafon.

Comment as-tu finalement choisi ta maison d’édition parmi les six  ? Quels ont été tes critères  ?

On va déjà dire le feeling. Évidemment, ça ne fait pas tout ! Mais le côté humain est important. Après il y a aussi le contrat. Je tenais à garder mes droits numériques ou, en tout cas, en partie.

Il n’y avait que Michel Lafon qui était d’accord et avec qui tu avais un bon feeling ?

Disons que Michel Lafon est particulièrement ouvert, l’équipe comprend les envies et aussi les intérêts des auteurs qui viennent de l’auto-édition. Ils doivent aussi s’adapter ! Les éditeurs sont venus nous chercher et on s’est un peu « fait tout seul » car le livre avait déjà bien marché sans professionnels.

Après, l’édition classique apporte beaucoup d’autres choses et je ne regrette pas du tout ce choix. J’y suis très bien. Il y a plein de gens très sympas dans l’équipe et je suis très contente d’avoir choisi Michel Lafon ! (rires)

Ça se voit, car tu vas continuer avec eux  ! Comment s’est passé la sortie de « La délicatesse du homard » avec Michel Lafon  ?

Déjà, on a fait un travail éditorial, on a repris le texte et fait des petits changements avec mon éditrice. « La délicatesse du homard » est sorti en librairie en mai 2017 et mon éditeur était très content.

France Loisir l’a récupéré dans son catalogue et ça a très bien marché aussi. Et puis, le vrai « succès » au niveau du grand public, c’est l’arrivée du Poche, qui est sorti en mai cette année. Ça lui a donné un troisième souffle !

Oui, j’ai pu le voir en tête de gondole dans tous les magasins où j'ai fait des dédicaces  !

C’est assez incroyable ! Le Livre de Poche c’est une super équipe, très dynamique. Ils l’ont bien mis en avant. « La délicatesse du homard » était dans la sélection du prix des lecteurs et c’est incroyable parce qu’on arrive bientôt à cent mille poches vendus ! (rires)

Après, il faut savoir que l’édition traditionnelle en grand format fonctionne de moins en moins. Il y a beaucoup de titres et pas forcément beaucoup de place en librairie. Il y a aussi un gros turn-over et les livres qui ne marchent pas au bout d’un mois sont retournés chez l’éditeur.

C’est donc encore toute une aventure après la sortie. Souvent on se dit qu’être publié et avoir son livre en librairie, c’est un peu le Graal… Mais finalement, il y a aussi plein d’auteurs qui déchantent. On n’est pas dans toutes les librairies évidemment, et puis ce n’est pas facile de rencontrer son public. Ça prend des mois et des mois. 

Du coup, j’imagine que tu as continué à vendre en numérique. Tu as vu tes ventes augmenter et se développer pour tes précédents romans  ?

Oui ! « La délicatesse du homard » s’est retrouvé sur Kobo alors que jusqu’à présent je n’étais que sur Kindle. Donc j’ai aussi rencontré les lecteurs de Kobo et des autres plateformes numériques.

Et sur Kindle étonnamment, j’ai continué – et je continue – à vendre « La délicatesse du homard », notamment avec l’arrivée de « La mélancolie du Kangourou » cette année. Je suis assez étonnée : tous les jours il y a encore des lecteurs qui achètent mes livres. C’est assez incroyable !

Pour mes autres titres, ils seraient sans doute retombés complètement au fond de la jungle amazonienne et ce n’est pas le cas ! Mais c’est difficile de mesurer l’impact de la sortie là-dessus.

Tu peux vendre tes livres auto-édités lorsque que tu fais des salons avec ta maison d’édition ?

Oui, je travaille avec Bookélis, du coup mes livres auto-édités sont disponibles via Hachette. Ce sont les libraires qui commandent, je n’ai pas de stock à gérer. Tout se passe directement avec eux.

C’est quoi l’avenir maintenant pour toi entre l’édition traditionnelle et l’auto-édition ?

Mes livres en auto-édition vont tous être publiés en édition traditionnelle dans les mois ou années à venir. Du coup, je me tourne complètement vers l’édition traditionnelle. C’est par souci de cohérence, vis-à-vis des libraires et des lecteurs.

Après, je me suis déjà posé la question : pourquoi ne pas auto-éditer d’autres titres, mais sous un autre pseudo ? Mais je pense à tout ce qu’il faut mettre en œuvre pour ça… et repartir à zéro me parait compliqué…

Surtout que maintenant tu as gouté au soutien de la maison d’édition, des conseils éditoriaux, c’est précieux pour toi, j’imagine. Je peux le comprendre  !

Est-ce que c’est indiscret de te demander si tu vis de tes livres aujourd’hui en tant qu’auteur  ? Tu vis de ta passion  ?

Oui tout à fait. J’étais enseignante et j’ai donné ma démission cet été. (rires). Je n’arrivais plus à faire les deux métiers correctement. C’est compliqué, car ça prend de plus en plus de temps, je ne peux pas travailler le jour et écrire la nuit… Donc j’ai fait un choix que je pouvais me permettre de faire et pour l’instant, c’est sans regrets.

Après, si ça venait à ne plus marcher, je continuerais dans l’écriture. J’ai été écrivain public à un moment, j’ai d’autres cordes à mon arc, qui font que je ne reviendrai pas dans l’enseignement de toute façon. 

Il n’y a pas trop de raisons  ! Tu as l’air d’avoir bien réfléchi aux différentes possibilités.

Je me demandais, que se passe-t-il pour un livre qui ne fonctionne pas dans une maison d’édition ?

Ça dépend des éditeurs. Pour certains, il faut vraiment faire un gros paquet de ventes dès le premier livre, sinon ils ne re-signent pas. Il y a d’autres éditeurs qui sont plus conciliants et qui sont prêts à redonner une chance, même deux ou trois. Ils n’ont pas tous la même politique.

Quels conseils tu donnerais aux auteurs auto-édités qui pensent à l’édition traditionnelle  ?

Il faut faire attention à la maison d’édition que l’on choisit.

Il y a pas mal de petites maisons d’édition qui ne font pas le travail promotionnel ou ne défendent pas le livre auprès des libraires avec les représentants. Les livres sont donc très peu diffusés et très peu promus.

Ça ne change pas grand-chose avec l’auto-édition au final et l’auteur doit se vendre lui-même. Ça arrive aussi pour des maisons qui ont pignon sur rue. Après il faut fuir à tout prix les éditions à compte d’auteur. C’est une vaste arnaque. 

Juste une petite question par rapport à cette polémique autour des droits d’auteur et de la situation des auteurs. Tu en penses quoi  ?
Est-ce que tu as l’impression d’être assez rémunérée pour le travail que tu fais  ? Tu as assez de visibilité sur tes ventes et sur ce que tu gagnes  ? Ou est-ce que c’est quelque chose qui te perturbe par rapport à comment ça se passait quand tu étais auto-éditée  ?

C’est vrai qu’on n’a plus la main sur tout, on ne voit pas ses ventes en direct… Personnellement, je les demande tous les mois à ma maison d’édition qui me les donne sans souci.

Après pour ma part, j’ai l’impression d’être privilégiée. Chez Michel Lafont, ils sont transparents, j’ai des droits d’auteur très corrects et j’ai pu garder une partie des droits numériques. Pas mal d’auteurs touchent seulement 10 % du prix du livre numérique avec leur éditeur et c'est très peu !

Même si j’ai l’impression d’être privilégiée, j’ai adhéré à la « La Ligue des Auteurs Professionnels » car je trouve ça hyper important. Il y a tout l’aspect social, fiscal, etc. qui est vraiment en attente par rapport au gouvernement et on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait.

Je viens de lâcher mon boulot principal qui a été mon activité pendant dix-huit ans. Ça ne s’est pas fait sans peur pour l’avenir… En effet, juste au moment où je lâche mon travail, on nous dit que les auteurs se précarisent de plus en plus.

Donc ça touche tous les auteurs y compris les auteurs auto-édités et c’est bien que la ligue soit aussi ouverte pour eux. Je pense qu’il faudrait que tous les auteurs y adhèrent pour 5 euros.

Je voudrais revenir sur un sujet qui me tient toujours à cœur, qui est l’état d’esprit. Quel état d’esprit tu penses qu’il faut avoir quand on se lance en auto-édition ? Si on a vraiment envie de réussir  ?

Il faut beaucoup d’humilité en auto-édition car il y a beaucoup d’auteurs et malheureusement c’est de plus en plus difficile de percer. Donc il faut être courageux et persévérant.

C’est compliqué, comme dans plein d’autres domaines comme la musique, le cinéma… il faut essayer. Ça ne veut pas dire que ça va marcher, mais je pense qu’il faut garder le cap et surtout se faire plaisir, sans mettre la barre trop haute.

Le plus dur est de se faire connaître, ça prend énormément de temps. Les réseaux sociaux ça ne fait pas tout, c’est très chronophage et ce n’est pas forcément ça qui fonctionne. Je pense qu’il ne faut pas tout miser là-dessus ni se corrompre. Il faut rester dans une démarche sincère et écrire sans toujours se préoccuper du marketing.

Il faut écrire un livre, puis un autre et puis encore un autre sans se décourager ou baisser les bras. Petit à petit, on acquiert un lectorat, des gens qui nous suivent fidèlement. C’est important.

Après, tout dépend aussi du rêve de chacun. Moi, je suis allée vers l’auto-édition en rêvant à un destin comme Agnès Martin Lugand… et j’hallucine encore de faire partie de la même maison !

Mais si je n’avais pas « percé » dans l’édition traditionnelle, j’aurais continué dans l’auto-édition, parce que petit à petit, livre après livre, j’aurais trouvé encore plus de lecteurs. Et puis toujours cette liberté !

Après, comme tu le disais, tout dépend de nos objectifs. On peut simplement vouloir être lu, en se disant « je fais de mon mieux et advienne que pourra »… Ou on peut vouloir vivre de sa passion et quitter son boulot.

Je pense vraiment qu’aller en auto-édition en se disant « je vais essayer d’en vivre » c’est ambitieux ! Si ça arrive tant mieux, mais je ne suis pas sûre que ce soit le filon pour vivre. Pour pouvoir lâcher son boulot, il faut peut-être penser à autre chose. C’est compliqué de parier là-dessus.

Après tu connais ma position en tant qu’auteur auto-éditée qui vit de sa passion. C’est aussi pour ça que je pense que ça dépend des objectifs. En 2015, j’ai décidé que j’allais quitter mon travail et que j’allais prendre le temps qu’il fallait pour vivre de ma passion.

Forcément, ça m’a demandé de mettre en place des stratégies différentes et un état d’esprit «  entrepreneurial  », mais le plus important c’est toujours de garder cette sincérité.

Je pense à ceux qui démarrent maintenant. Ils sont de plus en plus nombreux et il n’y a pas forcément plus de place ! (rires)

C’est pour ça que je tiens toujours à dire qu’il n’y a pas besoin de vendre un million de livres pour générer un petit revenu… et il existe toujours une possibilité de tirer son épingle du jeu.

Du coup, nous arrivons à ma dernière question. Est-ce que tu as une dernière chose que tu souhaiterais partager avec les auteurs auto-édités ou édités qui nous écoutent  ?

J’ai envie de leur souhaiter beaucoup de courage et surtout de leur dire de ne pas s’arrêter d’écrire… Si c’est un besoin vital, s’ils ont des choses à raconter, des histoires dans leur tête et dans leur cœur… Qu’ils y aillent sans forcément se mettre la pression.

Concernant cette notion de « pression », je me demande toujours : on peut écrire pour soi pendant très longtemps… mais à partir du moment où on veut être lu, ça met forcément une forme de pression, non ?

Vouloir être lu, c’est une envie qui naît… Mais on se retrouve vite démuni. On fait deux ou trois efforts, on publie sur Amazon, on se crée une page Facebook, mais il ne se passe rien. Et là finalement, c’est un petit peu le désenchantement.

Ah bah oui, j’ai connu ça aussi, avec le premier ! Je ne pensais pas que ce serait aussi laborieux, ça demande du temps, de la persévérance… Je pense que ce n’est pas avec un titre qu’on va y arriver.

Il y a des auteurs qui le font… mais c’est vraiment de plus en plus rare alors qu’à une époque c’était beaucoup plus fréquent. Ce qui prouve qu’il y a aussi beaucoup plus d’auteurs. Pour se faire connaître, chacun doit publier un peu plus.

Après, il faut s’accrocher et croire en ses rêves. Il y en a qui y arrive, donc il ne faut pas hésiter à se lancer.

Finalement le plus important ce serait peut-être de définir ce que l'on veut, quand on rend un livre public.

C’est ça, tout le monde n’a pas du tout les mêmes ambitions. Je pense qu’il y a beaucoup d’auteurs sur Amazon, Kobo qui publient leur livre, qui l’impriment chez un imprimeur local avec la seule ambition d’être lus par leurs amis et leur famille.

Tout le monde n’a pas envie d’être un jour en librairie ou une star de la littérature. Ça peut rester un pur loisir, sans se professionnaliser. Mais si on veut réussir, il faut creuser, creuser, creuser !

Il faut faire son nid, sa place. Il ne faut pas juste attendre que ça se passe.

Oui, ça ne peut pas se faire tout seul, on est d’accord ! Pour ça, les réseaux sociaux ont une importance capitale. On ne peut pas percer en auto-édition sans être sur les réseaux sociaux, c’est une évidence même.

Pour ceux qui veulent vraiment rester dans leur tanière d’écrivain et qui mettent leurs livres comme ça en un clic sur une plateforme numérique et qui attendent par magie, effectivement il ne se passera rien !

Merci beaucoup Laure  d’avoir répondu à toutes mes questions  ! Ça a été un plaisir et j’espère que c’était aussi un plaisir pour les auteurs qui nous ont écoutées. Je te souhaite toujours beaucoup de succès et je ne manquerai pas de mettre les liens vers tes livres et ton site internet.

Merci à toi, ça a été un plaisir aussi.

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À propos d'Anaïs W.

Je suis auteur indé depuis 2015 et auteur à temps plein depuis novembre 2016. Chaque jour, je mets en place des stratégies pour vivre de ma passion et je les partage avec vous sur ce blog.

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