Auto-édition : devenir écrivain grâce à Amazon, avec Sonia Dagotor

Mar 03

Comment devenir écrivain grâce à Amazon en auto-édition ? Dans ce 4e Podcast, Sonia Dagotor, auteur à succès, vous confie de son parcours...

J'ai le plaisir de discuter avec Sonia depuis mes débuts en 2015. À de nombreuses reprises, elle m'a permis d'ouvrir mes horizons et de défier mes petites habitudes.

C'est aussi parce que Sonia et moi sommes très différentes. D'abord, nous n'écrivons pas du tout le même genre et Sonia est bien plus prolifique. Ensuite, Sonia publie ses livres en une semaine, alors qu'il me faut des mois. Et enfin, Sonia connaît un succès retentissant sur Amazon à chacune de ses sorties !

Comment fait-elle ? C'est ce qu'elle va vous confier dans le podcast de ce mois de mars 2019 ! Sonia est une grande source d'inspiration pour moi et je pense qu'elle le sera aussi pour vous.


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Retranscription de l'interview :

Salut Sonia, je suis contente de te retrouver aujourd’hui et merci de partager ton temps avec nous.
Tu es donc auteur autoéditée… et éditée, donc auteur hybride. Tu t’es soudainement lancé dans l’écriture de ton livre pendant un week-end avec une copine, c’était en 2013, pendant une nuit d’insomnie. Tu as écrit ton premier livre qui s’intitule « Épouse Mère et Working Girl », qui est finalement devenu une trilogie.
Ça a été un premier succès si je me souviens bien  ?

Premier succès, tout est relatif, ce n’est pas arrivé tout de suite. J’ai écrit d’abord un Tome 1 qui a vivoté sur Amazon, puis un Tome 2 et 3 les années suivantes entre 2013 et 2015. En fait, le succès sur Amazon est arrivé avec mon 4e roman, qui s’intitulait à l’époque « Un vœu pas comme les autres ».

Tout s’est un peu enchainé à ce moment-là… mais la trilogie que j’avais réunie en version intégrale en octobre 2015 a rencontré son premier grand succès grâce à une offre éclaire en janvier 2016. 

C'est quoi un gros succès pour toi ?

Sur cette journée de l’offre éclair, j’en ai vendu 518.

Pour comparer, tu vendais combien de tes autres exemplaires ?

J’en ai toujours vendu quelques-uns par jour, ça remonte à loin… Je devais en vendre 150 en tout par mois, tous titres confondus.

Par rapport à aujourd'hui, ce n'est pas grand-chose !

Non, mais ce n’était déjà pas mal à mon petit niveau ! On veut et on espère toujours plus !

Et tu as réussi !

Et c’est arrivé, oui, après.

Donc effectivement, tu as participé aux Plumes francophones, le concours Amazon en 2016, en publiant ton 4e livre en juillet. 
Je m’en souviens bien, car le concours se terminait fin aout et ça te laissait donc tout juste un mois pour le remporter  ! Et tu as réussi, tu as gagné la troisième place et ton livre a été édité chez City.

En fait, ça s’est fait simultanément. J’ai publié mon roman « Un Vœu pas comme les autres », le 18 juillet et en quelques jours il s’est retrouvé dans les meilleures ventes Amazon Kindle. Autant dire que je n’ai rien compris, car le jour de la sortie j’en ai vendu une trentaine, le deuxième jour je suis tombée à 7 et le surlendemain à 7… donc moi aussi je suis tombée ! Je pensais que c’était foutu. 

Et puis, certainement, les fameux algorithmes Amazon se sont mis en route et d’un seul coup j’en ai vendu 50, puis 100, puis 150… je crois que c’est monté jusqu’à 170 eBooks par jours ! Sans compter les fameuses pages lues qui s’ajoutent à tout ça et nous font grimper dans les classements.

Au bout de 10 jours, j’étais première du TOP 100 Amazon, on était tout début aout et c’est à ce moment-là que City m’a contactée.

C'était donc avant la fin du concours ?

Oui, on était en discussion à ce moment-là. Le roman a ensuite été réintitulé « Un anniversaire au poil » et a été publié en librairie en mai 2017.

Du coup, si on revient sur la sortie de ce 4e livre, tu avais fait quelque chose de spécial pour le lancement ? Ta communauté a joué ?

J’avais déjà une communauté présente… mais est-ce qu’on peut parler d’un lancement réussi quand on fait 30 ventes le premier jour ? Je ne sais pas ! Franchement, je ne peux pas expliquer ce qu’il s’est réellement passé. Ce n’était pas un lancement du feu de dieu !

Je sais que tu fais des lancements très courts, mais tu en avais parlé en amont  ? Ta communauté regroupait combien de personnes sur Facebook, par exemple  ?

Oula… Aujourd’hui, je suis à 2700, je crois. À l’époque, je devais être à 500 ou 1000 abonnés sur Facebook… Après, comme tu l’as dit je prépare mes lancements en une semaine.

Ma communauté est au courant que j’écris, ils suivent donc ma progression et quand je leur dis que j’ai terminé, ils savent que dans la semaine ou les 10 jours qui suivent le livre sera publié !

Une semaine, c’est court  ! Tu mets le temps de bien préparer ton manuscrit  ?

Quand j’ai fini, je me relis au moins une fois, généralement les corrections intermédiaires ont déjà été réalisées, j’envoie mon fichier à ma correctrice Florence Clairfeuille et puis roule ma poule !

Une fois que je reçois les corrections, je vérifie que c’est cohérent et pertinent, et dans la foulée je mets sur KDP ! Une semaine, c’est déjà un grand maximum.

Tu as dit quelque chose d’intéressant tout à l’heure, « les algorithmes Amazon se sont mis en route ». Tu avais fait quelque chose pour bichonner ces algorithmes, avec un travail sur les mots-clés, la description… ou rien du tout  ?

Euh… je ne pense pas ! En réalité, je ne sais pas ce qui se passe dans les algorithmes Amazon !

D’accord  ! Car normalement, pour aider au référencement. Il faut choisir certains mots-clés, les faire apparaître dans la description, s’assurer qu’ils sont cohérents avec les catégories sélectionnées… Il y a toute une stratégie qui s’imbrique et qui aide à la promotion du livre…

Je reste assez classique dans ce que je mets comme mots-clés, mes descriptions sont hyper simples, je ne les mets même pas en forme avec du gras et tout ça… comme je suis toujours pressée, je ne me concentre pas du tout là-dessus ! 

Je crois simplement que j’ai de la chance. Mes lectrices sont hyper sensibilisées au fait qu’il faille mettre un commentaire. Et c’est ce qui fait qu’un roman qui commence à être bien classé et qui a un certain nombre de commentaires, qui sont positifs, qui ne spolie pas… je pense que tout ça contribue vraiment à donner une bonne visibilité aux livres.

Et ça compte beaucoup les commentaires dans les algorithmes Amazon, plus vite il y en a, plus vite ça montre à Amazon que ça fonctionne. Du coup, tu as l’air d’avoir une forte relation avec ta communauté, elle est très présente, elle réagit beaucoup… et vite, elle partage aussi. J’imagine que ça aide  !

Oui ! J’organise régulièrement des concours, je leur pose des questions, je les implique quand je cherche un prénom, je les consulte. Je pense que c’est important, car ça donne l’impression aux lecteurs de participer à la création du roman, ça valorise… et puis moi ça m’aide et ça m’amuse de créer du lien avec mes lecteurs.

Je suis très dynamique sur Facebook et cela m’aide énormément et je suis persuadée que si je n’avais pas cette communauté je n’en serais pas là aujourd’hui. Maintenant, mes lancements sont réussis, même s’ils sont préparés une semaine à l’avance ! Le premier jour, j’arrive à vendre entre 10 et 150 eBooks !

Ça, tu l’as vu avec la sortie de « Tout peut arriver ou presque » en octobre 2017, et « Sortez-moi de là » à peine un an plus tard, en juillet 2018. Deux romans avec de super couvertures, avec le chien, les lunettes… ça a l’air de bien fonctionner, car elles interpellent. Donc c’est sur ces deux lancements-là que tu as pu voir que quelque chose s’était mis en place.

Carrément ! « Tout peut arriver ou presque », j’en avais vendu 117 le premier jour, puis les jours suivants ça a diminué un peu, mais j’étais deuxième dans les meilleures ventes Kindle au bout d’une semaine, un truc de dingue !

Et puis, « Sortez-moi de là » j’en ai vendu 140 le premier jour, et pareille, il a fallu attendre un peu plus longtemps, mais j’étais première trois semaines plus tard et je suis restée première plus longtemps avec « Sortez-moi de là », mais c’est redescendu plus vite deux trois mois plus tard. Il n’y a pas de recette magique et qui fonctionne à chaque fois !

J’imagine que ça dépend du type de livre que l’on propose, du type de lecteur, peut-être des dates… et aussi de la communauté présente avant… mais il faut savoir qu’une fois ton livre sorti, tu restes extrêmement présente, tu pousses à fond pour que les lecteurs aillent acheter, laisser un commentaire… Tu es vraiment très dynamique  !

Je n’arrive pas à décrocher ! Quand j’accouche, j’ai dû mal à couper le cordon (rires) ! Ça ne s’arrête jamais vraiment la promotion. Même dans les remerciements, à la fin de mon livre, il y a toujours une ligne ou deux sur le fait que c’est hyper important d’aller laisser un commentaire, d’en parler aux gens autour d’eux, de partager et puis ça serait bien de l’offrir en cadeau de Noël si ça s’y prête.

C’est un cercle vertueux qui se met en place et qui garantit le succès des futurs romans, mais aussi la continuité des anciens.

Aujourd’hui, « Tout peut arriver ou presque » se vend le plus, car il est en Amazon Prime Reading. C’est une opportunité qui est proposée par Amazon aux abonnés de Prime. Mon livre est donc gratuit pour ces abonnés, qui souhaiteraient le lire. C’est différent de l’abonnement Kindle Unlimited, mais dans tous les cas, pour moi, ça m’a redonné une extrême visibilité. 

Depuis Noël, ce roman était premier, même si maintenant il est plutôt dans le TOP 10. Il est revenu au premier plan de la scène grâce à Prime Reading. Et une fois de plus je le dois aux lecteurs, car quand ils aiment l’un de mes romans, ils vont souvent découvrir tous les autres précédents ! 

C’est un cercle vertueux ! Aujourd’hui je vends tous les jours entre 5 et 15 eBooks de chaque titre ! Pareil pour les Pages Lues… car depuis le tout début je n’ai jamais quitté KDP Select.

En effet, il y a les Pages Lues. Je le vois dans les ventes qui ne sont pas aussi folles que toi, mais sur Amazon, j’ai 50 % de mes revenus qui viennent de la vente d’eBook et 50 % des Pages Lues.
Sans les Pages Lues, je dois le reconnaître, je ne vivrais pas de ma passion aujourd’hui  ! KDP Select pour moi c’est vraiment un outil à ne pas négliger… et ça encourage Amazon à nous mettre en avant aussi.

Exactement ! Effectivement, avant le ratio n’était pas le même, c’était davantage 70 % d’eBook 30 % de Pages Lues, mais aujourd’hui on tend vers tous les systèmes d’abonnement et je remarque cette même tendance. Après, me concernant, ça marche très bien avec KDP Select et je n’ai jamais eu envie d’aller voir ailleurs, sur d’autres plateformes. Je ne vais pas prendre ce risque !

Le prochain est prévu pour quand  ?

J’ai deux projets, un que je réserve aux maisons d’édition, car j’aimerais bien que mes livres se retrouvent en librairie. Et un autre en auto-édition, pour cet été j’espère, car ce que j’écris c’est vraiment des romans « transat ». Je dois juste mettre le turbo !

Pour revenir à cette question des maisons d’édition, tu veux nous en dire un peu plus sur ton édition chez City  ? 

C’est toujours génial de trouver son roman dans des librairies, la mise en place a été super, ça m’a permis de toucher des lecteurs qui ne m’auraient pas connu sinon. Il y a encore des gens qui refusent d’aller sur Amazon, qui n’ont pas de compte et qui passent à côté de nos histoires.

C’est aussi pour ça que c’est important d’aller à leur rencontre lors de séances de dédicace ! J’ai toujours fait des dédicaces en tant qu’auteur éditée et jamais en tant qu’auteur autoéditée, mais je vais commencer bientôt, j’ai préparé mon stock ! D’ailleurs, toutes les dates sont sur ma page Facebook ! 

Donc City c’était une bonne expérience… mais peut-être pas la meilleure. Je suis déçue, car quand on vend des dizaines de milliers d’eBooks sur Amazon, on se dit que ça va être pareil en librairie, mais non !

Ce n’était pas tout à fait le cas. Et déçue aussi, car le livre est en rupture de stock, il ne sera pas réimprimé. Il a eu une deuxième chance chez France Loisir où il a cartonné… mais il est aussi en rupture de stock chez eux et ne sera pas réimprimé aussi…

Mais pourquoi ?!

Je ne sais pas, je ne peux pas dire pourquoi il n’est pas réimprimé alors qu’il a bien fonctionné. En librairie, la durée de vie d’un livre est beaucoup plus courte que sur Amazon. En librairie il faut que le livre soit bien exposé et quand il disparaît des rayons et bien les gens ne l’achètent tout simplement pas ! 

Donc là, il n’est pas réimprimé et donc, ça s’arrête ! C’est hyper frustrant, car le seul livre qui a été publié en librairie est en rupture de stock et les gens ne peuvent pas se le procurer au format papier, même pas sur Amazon, puisque City a les droits !

Tes autres livres sont disponibles au format broché sur Amazon  ?

Oui, ils existent tous en brochés et ils fonctionnent aussi ! Je vends entre 5 et 10 romans en papier tous les jours sur Amazon !

Ça m’impressionne  ! Je prends modèle sur toi Sonia, tu m’encourages à publier plus souvent et à faire des lancements plus courts. Du coup, tu n’as pas perdu ta foi en l’édition traditionnelle, car comme tu le disais tu vas quand même essayer d’être éditée  ?

Oui, car j’ai trop envie d’être Aurélie Valognes, Agnès Martin-Lugand ou Virginie Grimaldi !

Même si tu vis déjà de ta passion aujourd’hui  ?

Je pense que c’est vraiment une question d’ego ! Aujourd’hui, je suis hyper fière, je ne pensais pas du tout en arriver là… mais je suis frustrée de voir que le train s’arrête devant certains, mais pas devant moi… alors que mes romans sont dans le TOP 10, voire premier quand ils sortent !

Donc je vais faire les choses un peu différemment ! Au lieu de publier comme je le fais habituellement en espérant qu’un éditeur vienne me chercher, là je vais essayer autre chose… car je ne sais pas quoi faire sinon ! 

Tu m’avais dit lors de l’une de nos discussions que le problème c’était peut-être l’exclusivité, comme tes livres ont déjà trop bien marché sur Amazon… C’est pour cette raison que tu as décidé de faire un projet exclusivement réservé aux maisons d’édition.

J’espère oui, j’aimerais bien… ça serait une fierté supplémentaire et c’était mon rêve, cette nuit-là quand j’ai commencé à écrire « je vais faire un best-seller et il sera dans toutes les librairies ! »

Tu as la partie Best-Seller, mais pas trop librairie  ! En tout cas, je te souhaite vraiment de réussir, pour 2019.

Ça me semble un peu juste, car pour l’édition traditionnelle, c’est beaucoup plus long que pour l’auto-édition !

Mais tu auras écrit ton livre et tu auras peut-être déjà quelques infos dans les tuyaux.

Oui ! J’espère qu’on trouvera ce livre dans toutes les librairies en 2020.

Allez, pour le mot de la fin si tu avais un conseil à donner aux auteurs qui se lancent en auto-édition, qu’est-ce que tu leur dirais  ?

Mon conseil ce serait de ne pas forcément espérer d’avoir du succès au premier roman, donc il faut écrire, écrire et écrire. La machine se met en route pas forcément au premier. 

Il faut aussi essayer de créer du lien avec ses lecteurs, petit à petit.

Il faut soigner ses couvertures aussi, car c’est la première chose qui va accrocher le lecteur. Et il faut qu’elle se démarque par rapport à ce que font les autres. Il y a la correction du texte aussi, même si c’est parfois un investissement financier, c’est indispensable. 

Voilà, une belle couverture, un bon texte propre et puis GO ! Et la communication qui va avec, beaucoup de persévérance et de patience qu’on n’a pas toujours ou qui se perd en chemin ! Il y a aussi un facteur chance que l’on ne maîtrise pas forcément. Tout ça ne se construit pas en un jour, il faut de la patience !

Je suis tout à fait d’accord avec toi, j’ai pu le voir moi-même. Mes deux premiers livres ont été des flops, le troisième a très bien marché et maintenant la communauté est de plus en plus solide et ça m’aidera.
Donc écrire, écrire… je vais suivre tes conseils et essayer de publier plus souvent… et comme tu le dis, créer sa communauté le plus tôt possible, avoir cette base solide, communiqué et être sincère.

Exactement, après les choses se mettent en place, même sur Amazon. La première Offre éclaire arrive, puis la Promo du mois et c’est déclencheur de beaucoup de choses, on a plus de lecteurs, plus de gens qui parle de notre roman.

Eh bien merci beaucoup Sonia  ! C’est toujours un plaisir de discuter avec toi, tu es une grande source d’inspiration pour moi et j’espère pour tous les auteurs qui vont écouter ou regarder cette interview.

Merci à toi aussi !


J'espère que vous avez apprécié cette interview avec Sonia Dagotor et que cela vous a donné de nouvelles idées sur ce qu'il était possible de réaliser sur Amazon !

Le mois prochain nous discuterons avec Eric Gilberh, libraire à L'Espace Culturel Leclerc de Varennes-sur-Seine, à propos des séances de dédicaces pour les auteurs indépendants !

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À propos d'Anaïs W.

Je suis auteur indé depuis 2015 et auteur à temps plein depuis novembre 2016. Chaque jour, je mets en place des stratégies pour vivre de ma passion et je les partage avec vous sur ce blog.

  • Vincente dit :

    Très intéressant cet échange avec Sonia. Merci aussi pour cela. Les réponses que vous faites le sont aussi. On y trouve une foule de renseignements. Je reviendrai pour la couverture de mon prochain livre et lirai: “Réaliser la couverture de son livre”…
    Mon livre a été mis en ligne sur Amazon et quelques autres, par une société de services d’éditions. Je ne sais comment le remettre en ligne dans sa nouvelle version. J’ai peur de
    me tromper. Quelqu’un pourrait-il m’aider à un tarif raisonnable.
    Compliments Anaïs et bonne réussite dans vos projets.
    A bientôt.
    Vincente

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