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Comment améliorer son style d’écriture en 30 jours ? Avec Martin du blog Narration et cafeine.


Parmi la multitude de questions possible sur l'écriture, dans ce nouvel article Martin a décidé de s’attaquer à un challenge de taille en répondant à celle-ci : Comment améliorer son style d'écriture en 30 jours ?

S'il y a  un sujet dont je parle très peu sur ce blog, c'est l'écriture ! Une raison simple et bête : je ne sais pas expliquer comment j'écris, ce qui fait que ça marche... ou non.

C'est pourquoi j'ai invité Martin du blog Narration et cafeine pour vous proposer un article sur le sujet. Voici donc sa réponse à cette question fort intéressante : comment améliorer son style d'écriture en 30 jours ?

Ça y est. Vous avez fini votre roman, vous êtes sur le point de l’éditer et pourtant le doute vous taraude. Est-ce qu’il est assez bien écrit ?

Cette question, vous avez raison de vous la poser, car un mauvais livre peut miner votre carrière d’auteur pour des années.

Vous allez vous traîner de mauvais commentaires, de mauvaises notations, qu’il faudra rattraper petit à petit avec les livres suivants. Et ça peut être long.

Heureusement, je peux vous aider à éviter ce piège en vous expliquant comment améliorer votre style d’écriture en 30 jours.

Mais d’abord qui suis-je ?

Je m’appelle Martin et je tiens le blog littéraire narrationetcafeine. J’étais tout petit quand j’ai su que je voulais devenir écrivain. Harry Potter venait de sortir. C’était la folie. Tout le monde en parlait dans la cour de récréation. Le héros avait le même âge que nous. Les enfants lisaient Harry Potter, les ados lisaient Harry Potter, même les adultes lisaient Harry Potter. J’ai dévoré ce livre en me disant qu’un jour j’aimerais écrire aussi bien que J.K. Rowling.

Alors, je me suis entraîné, j’ai cherché comment écrire un roman, comment améliorer mon style. Ça m’a pris des années.

C’est ce temps que je veux vous offrir aujourd’hui.

Pour ne pas qu’il y ait d’ambiguïtés, je ne suis pas écrivain professionnel. Toutefois, j’ai créé un blog de passionné sur l’écriture qui enregistre actuellement 100 000 visites par an. Mes conseils m’ont permis de décrocher des chroniques régulières dans un magazine d’art national.

Alors, qui sait ? Je peux peut-être vous apprendre un truc ou deux 😉

Pourquoi ça vaut la peine d’améliorer son style d’écriture ?

Si, comme moi, vous aviez dans la tête l’image de cet écrivain de génie qui écrit des chefs-d’œuvre dès le premier jet, vous vous demandez sûrement si ça mérite la peine de faire tant d’efforts pour améliorer son style d’écriture.

Je vous rassure tout de suite : le talent, c’est avant tout du travail. J’en veux pour preuve les brouillons de Flaubert qui sont remplis de ratures.

Alors bien sûr, tout le monde n’écrira pas Madame de Bovary mais voilà 4 raisons de développer vos talents littéraires :

  1. 1
    La satisfaction. Imaginez si vous arriviez enfin à atteindre le niveau de vos auteurs préférés. Votre fierté personnelle. Celle de vos proches. Un rêve de gosse qui se réalise…
  2. 2
    L’argent. Et oui ! Un livre bien rédigé, c’est potentiellement plus de bouche à oreille, mais aussi la fidélisation de vos lecteurs. Bref, plus de ventes.
  3. 3
    Un tremplin vers les grandes maisons d’édition. De plus en plus d’auteurs se font repérer sur internet. Que ce soit E.L James avec Cinquante Nuances de Grey, Amanda Hocking ou Cécile Duquenne en France. L’auto-édition peut vous aider à décrocher un beau contrat, pour peu que votre style soit professionnel.
  4. 4
    Compenser les faiblesses du scénario. Dans l’idéal, votre histoire devrait être parfaite. Dans la réalité, il peut arriver pour x ou x raisons (par exemple, le chat qui s’allonge sur le clavier) que votre livre souffre de quelques ventres mous. Un style élégant pourra contrebalancer, dans une certaine mesure, les faiblesses de votre récit.

Personnellement, depuis que je fais mes gammes littéraires, je passe aussi moins de temps sur les corrections. Je suis plus satisfait de ce que j’écris. 

Pour arriver à cela, je me suis formé avec des livres et des blogs, j’ai fait des exercices et aujourd’hui, c’est à mon tour de vous transmettre ce que j’ai appris.

Ainsi, dans cet article, je vais vous expliquer d’abord les bases théoriques à maîtriser pour améliorer son écriture. Ensuite, je vous donnerai, à la fin, une liste d’exercices pour mettre en pratique vos nouvelles connaissances.

Améliorer ses talents littéraires avec les dictionnaires

Comme dirait Coach dans Dance of the Dead « on ne gagne pas une guerre avec un cure-dent et de la mimolette ».

En clair, pour améliorer vos talents littéraires, il vous faut les bons outils. C’est-à-dire, les dictionnaires.

Personnellement, j’aime bien :
  • Le site du CNRTL, véritable couteau suisse gratuit donnant les définitions, les synonymes et les antonymes.
  • Trouver le mot juste de Paul Rouaix : un dictionnaire par association d’idées.
  • Rimes et sonorités chez Bordas : un dictionnaire classant les mots par son.
  • Un logiciel qui fait dictionnaire et correction. C’est topissime mais ça coûte aux alentours de 100 euros.

Pourquoi faire l’effort de recourir aux dictionnaires, me diriez-vous ?

L’esprit humain est un peu paresseux, il cherchera souvent la facilité. Sans dictionnaire, vous risquez de coucher sur le papier les mots les plus courants. Et, c’est pareil pour les autres écrivains. Le danger, c’est que vous allez vous retrouver avec le style de monsieur tout le monde.

Pour éviter cela, il faut essayer d’utiliser les mots les plus précis.

Par exemple, le mot « maison » ne renseigne pas autant que « pavillon » ou « manoir », qui connotent certains modes de vie, voire de statuts sociaux.

Attention, cependant, à ne pas utiliser trop de jargons. Vous risquez de perdre votre lecteur.

Ainsi, ne rédigez pas :

« L’homme portait un Sig-Sauer P229, 9 mm Luger, 357 SIG, .40 S&W, 22lr avec conversion » mais plutôt :

« L’homme portait un Sig-Sauer ». C’est moins laborieux.

Maintenant que vous connaissez la première astuce pour améliorer son style d’écriture, voyons un concept un peu plus avancé.  

Avoir un texte fluide grâce aux progressions textuelles

Est-ce que vous avez parfois l’impression que vos textes sont aussi fluides qu’un parpaing dans une bouteille ?

Vous modifiez des choses. Ça ne marche pas. Finalement, vous finissez par jeter des paragraphes entiers et vous repartez de 0.

Personnellement, ça m’est arrivé un certain nombre de fois et souvent ça venait d’un problème de progression textuelle.  En gros, il en existe deux :

  • La progression thématique linéaire
  • La progression thématique à thèmes dérivés

C’est ce que l’on va voir maintenant.

a) La progression thématique linéaire

La progression thématique linéaire consiste à commencer un paragraphe en reprenant un thème ou un mot du précédent paragraphe.

Par exemple :

« Assis sur le siège arrière, je suis ivre et hausse les épaules. Quand nous arrivons à l’Edge, je bois encore deux verres.

            Ce soir, le DJ de l’Edge est torse nu (…) »

Dans cet extrait de Moins que zéro de Bret Easton Ellis, le texte progresse en s’appuyant sur le mot « Edge ».

L’intérêt de cette méthode est d’instaurer un lien logique entre les différents paragraphes, pour que le lecteur puisse continuer le roman sans buter sur un passage.

D’ailleurs, je suis sûr que ça vous est déjà arrivé de stopper la lecture d’un livre pour revenir en arrière en ayant l’impression d’avoir loupé un truc.

Et bien, c’était probablement à cause d’une progression thématique bancale 😉

Je vous rassure, ça ne veut pas dire que pour pour améliorer son écriture, il faut forcément utiliser cette technique. Il en existe d’autres, notamment celle que nous allons voir maintenant.

b) La progression thématique à thèmes dérivés

Dans la progression à thèmes dérivés, le lien est plus diffus entre les paragraphes. Ces derniers ne s’appuieront pas les uns sur les autres mais seront unis par un thème commun.

Par exemple :

« Un petit cri d’oiseau s’éveilla quelque part. Des gazouillements, timides d’abord, sortirent des feuilles (…)

Jeanne soudain se sentit dans une clarté ; et, levant la tête qu’elle avait cachée en ses mains, elle ferma les yeux, éblouie par le resplendissement de l’aurore.

Une montagne de nuages empourprés, cachés en partie derrière une grande allée de peuples, jetait des lueurs de sang sur la terre éveillée ».

Dans cet extrait d’Une vie de Maupassant, un thème implicite fait le lien entre les trois paragraphes : le lever du jour.

Comment améliorer son style d'écriture en 30 jours ? Un article plein de bonnes idées !

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Chaque paragraphe constitue un sous-thème du thème principal.

Ainsi, dans l’extrait, on voit d’abord l’impact du lever du jour sur les oiseaux, puis sur Jeanne et enfin sur la montagne.

L’intérêt de ce type de progression est de donner l’impression d’un tour de caméra. Soit du plus petit vers le plus grand (dans l’extrait : petits animaux < humains < monts), soit du plus grand au plus petit, voire carrément en vrac.

Ce procédé vous aidera à avoir un texte fluide sur le fond. Mais pas sur la forme.

C’est ce que nous allons voir maintenant.

Améliorer son style d’écriture sur la forme

Pour certains, ce passage va être une révélation.

Personnellement, j’ai complètement changé ma vision créative quand j’ai découvert ce secret d’alcôve.

N’importe quel auteur peut considérablement améliorer son style d’écriture et atteindre une fluidité sur la forme, s’il maîtrise la technique du rythme.

Elle comprend deux volets principaux.

a) La longueur des phrases 

Là, je vous vois venir. Vous allez me dire un truc du genre : « hé, je ne suis pas musicien ! C’est pas ma guerre, etc. »

Rassurez-vous, pas besoin d’avoir fait bac + 5 au Conservatoire pour avoir un texte fluide.

En gros, il y a quatre choses à retenir :

  • La phrase courte accélère le récit (scènes d’action, etc.)
  • La phrase moyenne sert de transition entre la phrase courte et la phrase longue
  • La phrase longue ralentit (description de lieu, de personnes, etc.)
  • Une phrase courte après une phrase longue crée un effet d’annonce/de rupture

Par exemple :

« Jon entra dans le saloon du père Roger. Un vieil homme, dégarni sur le devant, lui fit signe depuis le comptoir et lui servit un liquide carmin à l’aspect sirupeux, dont la provenance laissait dubitatif. C’était du sang. »

Dans cette scène, vous pouvez observer que pour mettre en valeur l’action, j’ai commencé par une phrase courte. Puis, comme je voulais insister sur l’atmosphère du saloon, j’ai augmenté la taille de la phrase. Que j’ai considérablement réduit à la fin pour créer un effet d’annonce (le sang).

L’intérêt de varier la longueur des phrases, c’est de mettre en relief votre récit. Vous imaginez la tête de votre lecteur si vos phrases font trois kilomètres, alors que la scène est sensée être un duel au sommet ?

Ça serait comme donner des épinards à des enfants pour Halloween.

Bien entendu, inutile d’appliquer cette notion mécaniquement. Elle doit uniquement vous servir de guide. Faites des expérimentations, testez des trucs ! Si vous voyez que ça ne fonctionne pas, revenez aux bases.

Si vous avez bien compris ce concept, on peut passer au suivant.

b) Le rythme des phrases 

Le rythme, c’est la feuille de menthe sur votre mojito. Sans lui, vos phrases sembleraient fades et moins enivrantes. Si l’on schématise, il en existe 3 :

  • La phrase simple
  • Le rythme binaire
  • Le rythme ternaire

La phrase simple, c’est une proposition simple avec un seul verbe. Elle convient plutôt pour l’action.


Par exemple :

« Il leva les yeux sur la bâtisse aux allures de manoir victorien ».

À l’inverse, le rythme binaire va relier deux propositions ensembles grâce à une conjonction de coordination (souvent et/ou).

Par exemple :

« Il leva les yeux sur la bâtisse aux allures de manoir et sur ce qui serait bientôt son empire ».

Ce rythme est très utilisé dans des phrases de longueur moyenne pour de la description.

Enfin, le rythme ternaire va juxtaposer trois éléments grâce à de la ponctuation ou à des conjonctions de coordination pour mettre en relief ou pour accélérer le récit.

Souvent, la dernière proposition fera office de « chute ».

Par exemple :

« Il leva les yeux, il leva les bras, il embrassa son futur empire de tout son être. ».

De manière générale, l’idée à retenir est qu’il faut diversifier la construction de vos phrases. Pour cela, on peut jouer sur :

  • Le vocabulaire
  • L’ordre des mots
  • Le rythme
  • La longueur des phrases

Par contre, ne faites pas l’erreur de bannir toutes les récurrences. Certains procédés stylistiques peuvent utiliser la répétition.

Si vous ne devez mémoriser qu’un seul concept de cet article, retenez les rythmes. Personnellement, c’est la notion qui m’a fait passer de petit mec qui écrivait des histoires sans prétention en TD de droit, à auteur qui publie une nouvelle à la suite d’un concours. 

C’est vraiment la clé pour améliorer son style d’écriture.

Même s’il existe un autre concept important.

Mieux écrire grâce au récit

Je vais être bref. Pour améliorer votre style d’écriture, il va falloir faire comme Edward aux mains d’argent. Couper. Couper. Et encore couper.

Pour ce faire, vous allez supprimer toutes les phrases qui ne font pas avancer le récit. D’ailleurs, je suis sûr que vous les connaissez. Vous savez, ce sont celles qu’on couche sur le papier juste pour faire « classe ».

Vous vous demandez peut-être pourquoi supprimer ces phrases ? Après tout, elles semblent si jolies…

En fait, comme elles ne font pas progresser le récit, elles créent une pause dans votre histoire.

Pendant ce temps, le lecteur attend bien sagement que ça passe. Il fera peut-être ça une fois. Deux fois. La troisième fois… il reposera votre livre et ira voir la concurrence.

D’ailleurs, petite anecdote.

J’ai failli comme ça abandonner la lecture de Nécropolis d’Herbert Lieberman. Et pourtant, c’est un sacré bon roman !

Un peu comme Le seigneur des anneaux de Tolkien et ses descriptions interminables de marguerites et autres brins d’herbe.

Il faut vraiment s’accrocher pour terminer. Pas sûr que tous les lecteurs aient la patience.

Bref, collez à votre histoire. Vous vous éviterez des ennuis.

Sur ce conseil, je termine la partie théorique et je vous propose de mettre en application ce que vous avez appris avec ces quelques exercices.

Liste d’exercices pour améliorer son style d’écriture en 30 jours

Au début de cet article, vous vous demandiez si votre texte était assez bon pour être publié et vous n’aviez pas forcément les outils pour comprendre ce qui n’allait pas.

Pour vous aider, je vous ai expliqué un certain nombre de concepts.

Désormais, vous avez les armes pour voir les choses que vous devez travailler.

Je ne dis pas que tout va être rose, la route sera pavée d’embûches. Ça va vous demander un peu de travail mais ça vaut le coup. Potentiellement, vous pouvez être le best-seller de demain.

Pour vous mâcher le boulot, voilà une liste d’exercices pour améliorer vos talents littéraires :

  1. 1
    Écrire un petit paragraphe avec un ou deux mots cherchés dans le dictionnaire, dans votre genre de prédilection.
  2. 2
    Faire trois paragraphes en progression thématique linéaire, puis à thèmes dérivés, puis faire un mix des deux sur 4 ou 5 paragraphes.
  3. 3
    Rédiger un paragraphe en suivant cet ordre : phrase courte — phrase moyenne — phrase longue. Puis, faites l’inverse (phrase longue — moyenne — courte). Enfin, commencez par une phrase longue et finissez sur une courte pour créer un effet de révélation.
  4. 4
    Testez une phrase simple, une binaire et une ternaire. Puis amusez-vous avec ces différents rythmes de phrases dans un paragraphe.
  5. 5
    Une fois, que vous êtes à l’aise avec ces 4 exercices. Combinez-les. Par exemple, 2 mots du dictionnaire à insérer dans trois paragraphes en progression thématique linéaire.
  6. 6
    Si vous voulez encore vous divertir, astreignez-vous à inclure dans les exercices une figure de style.

Dans l’idéal, essayez de pratiquer un ou plusieurs de ces exercices par jour.

Ça n’est pas grave si vous loupez des jours. Votre avancée sera juste un peu plus lente. L’important, c’est d’être régulier. Vous pouvez même poursuivre au-delà des 30 jours pour continuer à progresser.

Voilà, vous savez tout, vous êtes désormais à deux doigts d’un style professionnel. Il ne vous reste qu’à débuter par le premier exercice. Vous pouvez ensuite réfléchir à la publication sereinement.

Bonne chance à vous !

Un grand merci à Anaïs de m’avoir reçu. C’était Martin du blog narrationetcafeine.

A propos d'Anaïs W.

Auteure auto-éditée depuis 2015, je vis de ma passion depuis 2018, avec un SMIC réalisé chaque mois grâce à la vente de mes romans. Aujourd’hui, je travaille à temps plein pour faire connaître mes livres et partage mon expérience et mes stratégies avec vous sur ce blog ! :D

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  • Hello, merci à vous deux ! J’ai appris beaucoup de choses Martin. De mon coté, je suis un peu comme Anaïs, l’autoédition je peux expliquer, mais comment écrire… c’est plus compliqué, donc bravo à toi pour ta clarté !

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