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Comment faire corriger son livre ? Etapes et conseils, avec Leslie de 2LI


Comment faire corriger son livre ? Voici une question que se posent de nombreux auteurs une fois l’écriture de leur manuscrit achevée ! Qu’il s’agisse de la bêta-lecture, de la correction orthographique ou typographique, des erreurs sont à éviter et des étapes à respecter !

C’est pour parler de ce sujet que j’ai invité Leslie, co-fondratrice du site 2Li, qui offre notamment des services de bêta-lecture, correction et mise en page professionnelle.

Comme beaucoup d’auteur, pour mes premières publications, j’ai repoussé l’idée de passer par un professionnel et de payer pour la correction de mes livres : j’en ai parfois payé le prix ! En effet, on ne peut pas demander la même rigueur à un ami ou à un lecteur inconnu et bon en orthographe, qu’à un professionnel.

Pour la bêta-lecture et la correction du manuscrit du tome 2 de Suivre les vagues, j’ai donc contacté 2LI et, très satisfaite, j’ai aujourd’hui une entière confiance en Leslie pour vous parler de ce sujet !

En plus de conseils judicieux sur les étapes à suivre une fois l’écriture de votre livre terminée, Leslie nous parlera des erreurs qu’elle remarque le plus souvent... une chance pour vous de vous améliorer, comme j’ai pu le faire !

J’attends vos retours dans les commentaires sur ce nouveau podcast avec impatience !


Regarder la vidéo de l'interview :

Ecouter l'audio seulement :


Retranscription de l'interview :

Bonjour Leslie ! Je suis contente de t’accueillir aujourd’hui pour le 9ème podcast qui aura comme sujet la bêta-lecture et la correction de nos manuscrits. Est-ce que tu peux te présenter rapidement pour les auteurs qui ne te connaissent pas ?

Déjà, merci de m’accueillir. Je suis Leslie Guyon. Je suis co-fondatrice de 2LI qui est une agence d’accompagnement pour les auteurs et autrices autoédités ou en maison d’édition.

Mon parcours : disons qu’il y a plus de 20 ans, j’ai commencé à être lectrice/correctrice dans une maison d’édition complètement par hasard à mi-temps. C’est là que j’ai découvert la chaîne du livre, ce qu’il y avait derrière la publication des romans. En plus, j’étais payée pour lire. C’était un boulot génial à 20 ans !

Après plein de métiers et de formations divers, les points communs entre chacun étaient vraiment la créativité, l’esprit d’analyse, la proposition de solutions aussi et la transmission.

Il y a 5 ans, je me suis mise à l’écriture et j’ai découvert le monde de l’autoédition dont, même moi, à l’époque, j’avais une vision assez négative : c’est ceux qui ne sont pas pris en maison d’édition qui font de l’autoédition.

Depuis, j’ai complètement changé d’avis. J’ai justement découvert que c’était un vrai choix. Ainsi, j’ai écrit mes romans et je me suis lancée, avec une amie, pour une agence qui proposait des services professionnels à la fois de couverture et de travail de texte.

Super ! On parlera un petit peu des différents services de 2LI à la fin du podcast. En tout cas, je vous recommande chaudement. Comme je le disais en introduction, j’ai découvert la correction professionnelle avec vous et j’ai été très satisfaite. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui j’ai toute confiance en toi pour discuter de la bêta-lecture et de la correction.
Aujourd’hui, nous allons surtout discuter du travail du manuscrit.Tu m’as dit, quand on a préparé ce podcast, que certains auteurs n’arrivent pas à faire la différence entre une bêta-lecture et une correction. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?

C’est vrai qu’en tant qu’auteur, quand on a fini son premier jet, on est un peu perdus par rapport à la chronologie que l’on doit respecter pour avoir un texte vraiment finalisé et prêt à la publication.

Cela commence évidemment par l’écriture, voire la relecture. Mais, clairement, il faut un œil extérieur. C’est impossible en tant qu’auteur. On connaît tout, on sait comment ça finit, on connaît les personnages. On a l’impression de savoir dire des choses alors qu’en fait, ça ne passe pas. Donc, là, à partir de ce moment-là, il faut un œil extérieur.

La première étape, cela va être la bêta-lecture. Ensuite, souvent, c’est suivi par une réécriture de la part de l’auteur. Tout cela, c’est le fond. Puis, une fois que ça c’est nickel, on passe à la forme avec différents types de correction.

On a la correction approfondie qui, vraiment, va reprendre les maladresses, les incohérences ou les répétitions. Ça s’est suggéré à l’auteur, il fait ce qu’il veut. Après, on passe à la correction orthographique et typographique : ça, c’est blanc ou noir, ça suit des règles strictes.

Et à la fin, la mise en page pour pouvoir avoir un manuscrit qu’on peut lancer en impression.

Alors, du coup, à titre d’exemple, j’ai fait appel à tes services pour la bêta-lecture et la correction. C’est la première fois que j’ai eu une bêta-lecture aussi complète et détaillée. C’était : « Est-ce que le titre est cohérent ? Est-ce que le sous-titre est ok ? ».

Par rapport au texte, il y avait toutes ces petites données par rapport au fond. C’était pour le tome 2 de « Suivre les vagues », tu m’avais vraiment donné un conseil très pertinent, une chose à laquelle je n’avais pas du tout pensé.

J’avais un personnage secondaire qui évoluait au même rythme et de la même manière que mon personnage principal : ça manquait donc un peu de perspective. Il y a d’autres façons d’évoluer : c’est un conseil que j’ai vraiment pris en considération. J’ai donc changé pas mal de passages pour pouvoir mettre en exergue différentes solutions et différents chemins de vie possible. C’est aussi ça que la bêta-lecture peut apporter.

Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur comment se passe une bêta-lecture avec toi ? Qu’est-ce qui fait que, toi, en tant que professionnelle, tu as une bêta-lecture différente de ce que peut peut-être faire un ami ou une personne volontaire dans l’entourage des auteurs ?

Déjà, pour moi, la bêta-lecture, les objectifs de la bêta-lecture, ça va être de proposer des pistes de réflexion, sachant que la bêta-lecture, ce n’est pas un travail éditorial.

En maison d’édition, on a un éditeur. Il sait où il veut aller avec un texte. Il va proposer des changements que l’auteur doit suivre. Moi, en tant que bêta-lectrice, je ne vais faire que des propositions et c’est toujours l’auteur à la fin (ou l’autrice) qui va faire les choix finaux. Après, à partir du moment où l’auteur sait ce qu’il se passe, c’est lui qui est maître de son œuvre.

Mon but, c’est d’offrir des pistes de réflexion non seulement sur ce qui est négatif, ce qu’on peut améliorer, les incohérences ou les problèmes de rythme, les personnages qui devraient avoir une fonction ou un objectif, ceux qui peuvent être creux et, de l’autre côté aussi, tout ce qui est positif pour en faire vraiment des forces.

Ensuite, je dirais qu’on peut cumuler les bêta-lectures par des amis, par des proches, des inconnus et des professionnels. Nous n’avons pas les mêmes approches.

L’avantage d’un proche, cela va être qu’il va être disponible, qu’il va prendre du temps. Le souci est qu’il n’est pas forcément objectif. Typiquement, cela va être la maman qui trouve tout génial, c’est trop bien.

On peut faire appel aussi à des inconnus et là, c’est vraiment la loterie. Cela peut être tout ou rien. Moi, par exemple, pour mon premier bouquin, c’était du young adult et j’avais le double d’âge de mon lecteur. Je me demandais : « Est-ce que je suis complètement à la ramasse ou pas ? ». J’ai donc fait lire à des connaissances de sport que je ne connaissais pas intimement.

Et là, j’ai eu les Bisounours, les bêta-lecteurs qui ont tout lu et qui ont fait : « C’est cool ! C’est quand la suite ? » Et là, tu fais : « Oui, mais qu’est-ce que tu en as pensé ? Est-ce qu’il y a des moments où tu as des choses à dire ? ». « Non, non, c’est vraiment bien, vas-y, continue. Je veux bien la suite ». C’est satisfaisant. Pour l’égo, c’est sympa mais pour la construction du bouquin, moins.

Ou alors, dans le même club, il y avait une autre qui était pareille, super motivée : « Ah oui, fais lire », etc. Je ne l’ai jamais revue. Mes pages étaient parties avec elle. J’avais un peu un stress là-dessus.

L’avantage du pro, c’est que c’est cadré. On sait où on va, on sait que c’est sérieux, forcément. Il donne une date de rendu, il vous donne une grille de tout ce qu’il va faire.

Par exemple, la langue elle-même : est-ce que le langage correspond à l’intrigue ? au personnage ? est-ce que l’auteur ou l’autrice a un ton particulier ? Ça va être sur le rythme. Est-ce qu’il y a des moments où on s’ennuie ? Est-ce qu’il y a des moments où il n’y a que de l’action, de l’action et on n’en peut plus ?

Ça va vraiment être une vision globale sur le livre. Voilà ce que peut apporter un bêta-lecteur professionnel.

Avec toutes les bêta-lectures que tu as faites, est-ce que tu as remarqué qu’il y avait de petites choses qui étaient redondantes, des erreurs ou peut-être des choses qui revenaient souvent ?

Oui, il y a une chose qu’on retrouve surtout sur les premiers livres, les premiers romans, c’est le problème du point de vue. Là, je parle de la narration à la 3ème personne parce qu’à la première personne, normalement, il n’y a pas ce souci. À la 3ème personne, sur une même scène, on va être dans la tête de plusieurs personnages l’un après l’autre et ça ne peut pas fonctionner. Ce n’est pas logique. Déjà, en tant que lecteur, on va forcément sortir de la lecture en se disant : « A ce moment-là, c’est pas logique. Je sais déjà… » S’il y a un personnage qui cherche à découvrir le secret de l’autre, si on passe de l’un à l’autre, ça ne marche pas parce qu’ils ne savent pas les mêmes choses. C’est vraiment l’erreur la plus typique.

D’accord.

L’auteur doit se demander : « cette scène-là, par qui je vais la voir ? Par qui c’est le plus intéressant ? Par qui le lecteur aussi… » Par exemple, quand on a un secret à deviner, c’est plus intéressant d’être dans la tête de celui qui ne le connaît pas, qui va essayer de fouiller, de chercher ce qui se passe que dans la tête de celui qui connaît tout.

Ça n’est pas logique de raconter le secret puisque le personnage le sait. Il connaît tous les tenants et les aboutissants. Et ça arrive. C’est vraiment le truc le plus courant sur les premiers romans.

Après, il y a une erreur que je fais assez facilement, c’est la différence de ton entre le personnage et la manière dont il s’exprime. Moi, j’adore le français, le subjonctif imparfait, les choses comme ça. Et par exemple, dans une nouvelle, j’avais un personnage qui sortait de prison et la façon dont il parlait ça ne pouvait pas marcher ! Il faisait des phrases complètes avec du subjonctif, avec des mots soutenus et tout.

C’est facile de tomber dans le piège. Il faut arriver à se remettre à la place du personnage et le laisser s’exprimer comme il devrait s’exprimer.

C’est intéressant ! Tu penses à d’autres choses ou pas ?

Ce qui peut être fréquent aussi, c’est de réfléchir à ce qu’apporte un dialogue. Le truc typique, ça va être qu’un personnage raconte quelque chose à un autre personnage pour que le lecteur soit au courant de cette affaire-là, alors qu’en fait, tous les deux le savent. Il n’y a aucune logique mais il faut qu’à un moment ou un autre, le lecteur, il apprenne ce truc-là donc… Bah non, il faut trouver autre chose.

Si deux personnages parlent d’un truc qu’ils savent déjà, on se demande pourquoi ils en discutent du coup.

C’est ça. Et tout ce qui est les verbes d’incise, les « dit-il », « s’excusa-t-il », etc. Vraiment, dès qu’ils ne sont pas nécessaires, quand on a deux personnes, on les supprime le plus possible.

D’accord. Donc, ça, c’est pour la partie bêta-lecture. Merci pour tes conseils sur les fautes redondantes. Après la bêta-lecture, il y a donc la correction. Tu m’as parlé de différents types de correction. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus aussi sur des choses redondantes que tu vois dans les corrections de texte ?

Dans la première correction, celle que j’appelle la correction « approfondie », on va s’attaquer à tout ce qui est maladresses d’écriture. Typiquement, la faute la plus fréquente que je fais tout le temps et c’est impossible d’écrire sans la faire ce sont les répétitions.

Et c’est vicieux, parce que ton subconscient, à un moment, il trouve un mot qu’il aime bien et il va te le mettre partout. Tu auras beau relire 5 fois, tu ne le vois pas.

Le pire aussi, ce sont ceux qui reviennent tout au long du texte. Tu as une expression. Ça, c’est fréquent chez les auteurs. Il y a des types d’écriture, forcément. Je crois que même toi, j’en avais repérées une ou deux.

Oui, j’en ai un à chaque roman !

La première fois, en tant que lecteur, on fait OK comme c’est quelque chose d’original qui est bien trouvé. Par contre, quand on le retrouve 10 fois dans le même bouquin, on commence à dire « OK, tu aimes bien ça mais non, il faut varier ».

La correction approfondie va s’attaquer à ça. Évidemment, tout ce qui est concordance de temps. La faute la plus classique, c’est l’imparfait et le passé simple. Quand on met son texte au passé, on peut s’emmêler les pinceaux. Ça va être aussi tout ce qui est vérification par exemple sur des faits historiques, des faits scientifiques, des faits géographiques.

Ah oui, tu m’avais corrigé des noms d’endroits aussi.

Bah oui, j’ai regardé sur Google maps. « Bah non, là, ton truc n’existe pas. Tu as un nom de boulevard qui ne marche pas ». C’est le boulot du correcteur qui va chercher. Il faut déjà qu’il ait des connaissances sur tout et n’importe quoi.

Par exemple, j’avais un bouquin qui parlait de tout ce qui était génétique et j’ai des connaissances scientifiques : à des moments, ça ne collait pas. Je lui ai dit : « Ce n’est pas la peine d’aller dans le détail. Va moins loin, tu resteras juste. Si tu vas dans le détail et que tu inventes des trucs, ça ne peut plus coller ».

Donc évidemment, pour moi, la correction vraiment finalisée, c’est un correcteur professionnel qui doit le faire.

Par contre, pour les auteurs qui veulent essayer de faire le maximum tous seuls, rien que Word. J’ai parfois des textes où les corrections Word n’ont pas été prises en compte et la plupart du temps, elles sont justifiées. Après, on peut aussi prendre des logiciels. J’utilise Antidote clairement pour repérer les répétitions parce que je ne suis pas capable de voir que dans un même paragraphe, à quelques lignes d’intervalle, on va avoir le même mot qui se répète.

C’est vraiment puissant Antidote. J’avais le Robert avant et il ne proposait pas ce système pour traquer les répétitions. Maintenant, avec Antidote, je vais jusqu’à chercher les « mais ». Des fois, on a tendance à en mettre 5 ou 10 dans une page alors qu’il existe des synonymes : « Pourtant, cependant,… »

Après, il y a toujours les limites du logiciel. Il faut faire très attention aux corrections qu’il propose… Quand je l’utilise, je vois qu’il me surligne ce qu’il considère être des erreurs, mais qui n’en sont pas.

Par exemple, quand on a un adjectif qui va avec un nom, mais le nom se retrouve à quelques mots de là, il va prendre le plus près et va dire « Non, ton truc, il n’est pas bien accordé », mais ce n’est pas cohérent avec le sens de la phrase.

Des trucs où tu n’as pas de verbe, des jeux de mots… Tu t’amuses avec les mots, là, Antidote, il va dire « Oh là là ! ». L’œil humain est indispensable à la fin.

Antidote m’a aussi aidée à améliorer mon écriture grâce à la recherche de ruptures. S’il y a une phrase qu’il n’arrive pas à analyser, il l’a surligné. Parfois, je me rends ainsi compte que, dans cette phrase, ce serait peut-être plus simple de rajouter le sujet ou que, en effet, j’ai inversé des mots et que dans un autre sens, ce serait mieux dit.
La traque de ces ruptures va être à la fois : « là, j’ai essayé d’être l’écrivain, de laisser mon inspiration donc la phrase sera comme ça et si tu ne peux pas l’analyser, tant pis pour toi » et, des fois, c’est « oui, peut-être que ma phrase est trop tordue et qu’en effet, elle devient incompréhensible. »
Antidote est assez puissant, mais en effet, ça ne fait pas tout. J’ai publié 5 romans sans passer par un correcteur professionnel, dont 3 corrigés avec Antidote et des amis. Pour autant l’importance et la qualité de ton travail sont indiscutables.
Antidote n’est pas capable de savoir quand un personnage est féminin ou masculin donc, pour les accords du participe passé avec le verbe avoir il ne va pas repérer les coquilles..., toutes ces petites choses-là. Pour ça, c’était top de t’avoir.
Est-ce que tu peux nous parler de la correction typographique ?

C’est la dernière. Au niveau de la correction approfondie, en fait, c’est comme la bêta-lecture. Je propose des changements et, là, l’auteur peut choisir ou pas de les faire.

La dernière correction, c’est noir ou blanc. C’est facile. On suit le Code de la route : les codes d’orthographe, de typographie, etc. Soit c’est correct, soit c’est pas correct. Ça va très vite, l’auteur n’a rien à faire en plus.

C’est vraiment l’ultime étape. Pour mon premier roman, en tant que correctrice, j’ai fait l’erreur d’inverser correction orthographique et correction approfondie. C’est stupide parce que tu fais ta correction orthographique, tout est nickel et quand tu fais des changements de phrases, de bouts de phrases, etc., bah il faut que tu recommences tout en fait !

Je vois très bien !

Donc, il faut vraiment respecter ça. L’orthographique, c’est la dernière des dernières, sachant qu’en plus, l’orthographe, quand on est tout au début, en phase d’écriture, il ne faut pas y penser. Il faut laisser vraiment le fluide sortir, écrire l’histoire, etc. C’est vraiment tout à la fin qu’on va tout corriger, l’orthographique et la typographie.

Une autre chose intéressante, c’estque l’auteur voit la correction que tu as faite. Donc pour son prochain roman, il est possible qu’il fasse moins de fautes.

Moi, j’ai beaucoup appris. C’est vrai que mon niveaud’orthographe laissait parfois à désirer, mais avec les années, je me suis beaucoup améliorée et il y a de moins en moins de coquilles. Et ça c’est aussi parce que j’ai pu observer les fautes récurrentes, réapprendre les règles…

Oui, quand je fais les corrections, l’auteur ou l’autrice va les voir et approuver chaque correction. Du coup, on peut repérer si on fait des erreurs, toujours le même type, comme justement les tirets qui ne sont pas bons, les choses comme ça. Pour apprendre, c’est sympa aussi.

Par rapport à la typographie… La typographie, j’aime bien expliquer ce que c’est parce que, pour beaucoup d’auteurs, c’est un petit peu flou.
La typographie, c’est vraiment la manière dont le texte s’agence avec les virgules, les points d’exclamation, les espaces sécables, insécables, les tirets, les alinéas, toutes ces choses-là. Ce sont toutes les règles un petit peu visuelles qui vont permettre au lecteur de pouvoir rythmer sa lecture et de s’y retrouver face à ces différents codes.
Quand on regarde un texte qui est dénué de typographie, par exemple si on enlève tous les points, toutes les virgules, toutes les majuscules, ça devient illisible. Donc, ce sont vraiment les codes de lecture.
Est-ce que tu vois d’autres erreurs que les tirets ? Par exemple, qu’est-ce que tu penses des alinéas ? Il y a tout ce débat à ce sujet.


En fait, il faut penser que votre lecteur est habitué à lire des bouquins de maison d’édition, donc à avoir un type de format pour ses livres. Et si ça sort de ce type-là, ça va le gêner sans qu’il ne sache pourquoi.

Pour moi, typiquement, l’alinéa est très fréquent sauf en non-fiction. Ça, par contre, c’est vraiment un cas à part. Sur la non-fiction, on a souvent une absence d’alinéa qui correspond à ce code-là. Pour la fiction, la plupart du temps il y a des alinéas.

Après, comme d’habitude, à partir du moment où l’auteur sait que ça peut gêner certaines personnes ou que ça change justement de ce qu’on a l’habitude de faire, parce que ça a un intérêt dans son intrigue, dans sa personnalité, il n’y a aucun souci à le faire. L’auteur est toujours maître à la fin mais il faut qu’il sache pourquoi, qu’il donne une intention. Ce n’est pas au hasard.

Comme pour l’orthographe, j’ai pu améliorer mes connaissances en typographie grâce aux correcteurs comme toi. Je pense notamment aux virgules, et j’apprends encore parfois à savoir quand lesfermer, ce qui améliore le rythme de lecture. Les quelques bases que j’avais à ce sujet, je l’ai appris en regardant ce que faisaient les maisons d’édition, comme pour la mise en page.
En parlant de mise en page, c’est un service que vous proposez à 2LI. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?C’est aussi un sujet intéressant, qui vient vraiment compléter le processus de préparation du manuscrit pour la publication.

C’est vraiment la finalisation pour avoir un fichier qu’on peut envoyer en impression. Il s’agit de la préparation du texte en dehors de ton récit, donc les pages de titre, les pages de remerciements, les copyrights, les mentions légales, la page du même auteur, etc.

Là, c’est pareil, il y a des codes. Donc, tu vas prendre un livre : tu vas feuilleter les premières pages, tu vas voir que, souvent, la première page est vierge. Après, tu as une page avec juste le titre. C’est ce qu’on appelle la page de faux-titre. Après, tu tournes. Là, tu as vraiment enfin l’auteur, le titre, etc.

Il y a des codes à respecter et même dans le texte, pour que ce soit agréable à la lecture, il y a des choses à savoir : qu’on ne coupe pas les fameuses veuves et orphelines. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de cette expression. Je trouve ça super joli. Ça va être la petite ligne que tu trouves à la fin d’une page, de début d’un paragraphe, juste une ligne, ou alors, en haut d’une page, la fin d’un paragraphe tout seul. Ça ne se fait pas. Visuellement, ce n’est pas joli.

J’ai appris ces codes en tant que lectrice/correctrice et c’est l’intérêt justement… Un correcteur, ce n’est pas juste un prof de français, c’est tout un pack de choses à savoir. Et si un auteur fait sa mise en page tout seul, il faut faire attention avec Word. C’est plein de bugs et c’est une prise de tête. On s’arrache les cheveux, mais on peut y arriver. Après, heureusement, je ne l’ai pas testé mais Kindle Amazon propose aussi une mise en page sur son site.

Ça, c’est pour la partie ebook en effet.

Que ebook ? pas broché ?

Si pour le broché, ils proposent de télécharger des documents sources sur lesquels tu peux ensuite coller ton texte… Moi, je trouve ça super risqué car tu vas commencer à venir implanter des choses sur d’autres qui existent déjà. Et ça finit par faire des bugs. Personnellement, je recommande de faire les choses proprement dès le début, même si parfois on apprend un peu trop tard.

Là, je parlais de broché mais il y a aussi la mise en page de l’ebook. Si on part d’un broché où, justement, il y a toutes ces mises en page cachées dans Word à cause des copier-coller, l’ebook vous explose à la tête. Ce sont des polices qui changent d’une page à l’autre, des espaces qui deviennent immenses on ne sait pas pourquoi…

Tout à fait !

Donc, c’est pour ça qu’il faut vraiment partir d’un document tout propre avec vraiment des styles, genre le titre du chapitre et le titre normal et puis voilà, stop. On ne rajoute rien.

C’est ça ! Donc, on a bien revu les différentes étapes pour aider les auteurs qui sont perdus quand ils ont fini l’écriture de leur livre.
Pour récapituler, d’abord, la bêta-lecture pour voir le fond de l’histoire, est-ce que c’est cohérent ? est-ce qu’il manque quelque chose ? etc., les points de vue des personnages et toutes ces choses-là.
Ensuite, il y a la correction de fond avec des répétitions, les questions un petit peu plus techniques, les noms de lieux, les incohérences dans les prénoms aussi, ça peut arriver, les âges, les choses comme ça.
Et après, la correction noir ou blanc de l’orthographe/grammaire et typographie et enfin, la mise en page.
Toutes ces choses-là, ce sont des choses que les auteurs peuvent apprendre à faire par eux-mêmes. Bien sûr, la partie correction et bêta-lecture, c’est toujours bien d’avoir un avis extérieur et, surtout, professionnel car, comme tu le disais, l’avantage du professionnel, c’est de pouvoir avoir un délai et quelque chose d’irréprochable.
Donc, si les auteurs qui nous lisent souhaitent passer par un pro, je recommande 2 Li ! Comment se passe la prise de contact ?

Nous avons un site Internet qui permet de voir un peu tout ce que l’on propose, où on peut nous contacter directement. Nous avons aussi un Facebook dédié, donc 2LI. 2LI, c’est les deux ailes de l’imaginaire et 2 parce que nous sommes deux co-fondatrices : Lydie et Leslie.

Donc on peut demander un devis et j’imagine que cela va dépendre du nombre de mots ou du nombre de caractères ?

Alors, c’est vraiment personnalisé. Autant, la bêta-lecture, en gros, c’est 20 € tous les 50 000 caractères. Ce qu’on appelle « caractère », c’est Word. En bas, vous avez la ligne en bas qui vous permet de savoir le nombre de caractères, espaces inclus. C’est comme ça qu’on peut le repérer.

La correction, par contre, on ne peut pas dire en fonction du nombre de caractères parce que vous avez des textes qui sont très finalisés, qui demandent très peu de correction, donc très peu de temps, et tu as des textes qui sont un peu plus longs au niveau de la correction, que tu dois vraiment réécrire, où tu vas passer plusieurs minutes sur chaque page. Ça peut passer du simple au double.

D’accord.

Donc, ce que je fais en fait pour les corrections, pour faire un devis le plus juste possible et que l’auteur ou l’autrice sache ce qu’il obtiendra, je demande le début du roman.

Je fais la correction demandée sur quelques pages comme ça, ce qui me permet d’estimer le temps. Je fais juste une règle de trois pour savoir combien de temps cela me prendra pour faire le roman entier et l’auteur sait vraiment ce qu’il va obtenir, le genre de correction qu’il va obtenir.

C’est une super méthode, merci pour ces précisions !
Du coup, vraiment, je recommande à tous les auteurs qui regardent ce podcast d’aller découvrir votre site Internet et les différents services, de poser leurs questions éventuellement et à faire des devis aussi.
Pour finir, pour le 6ème roman je suis passée à la correction professionnelle et ça change beaucoup de choses. J’en suis ravie et ça a été un plaisir de faire cette première expérience avec toi.

Merci !

Est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose pour terminer sur ce podcast ?

Je veux bien expliquer pourquoi on a créé cette agence, Lydie et moi. Elle écrit aussi des romans de science-fiction.

Au départ, quand j’écrivais, c’était « Je rêve d’être dans une grande maison d’édition ». Au final, en parcourant les sites, les bouquins, on voit l’image de l’écrivain qui fait des dédicaces au Salon du livre… puis la réalité de l’écrivain dans une maison d’édition. Là le rêve commence à s’effondrer un petit peu…

Après, ce sont des choix. On peut faire les deux et être hybride, faire à la fois maison d’édition et autoédition.

Avec 2 Li nous, nous voulions vraiment avoir à cœur de casser cette image d’autoédition, que ce n’étaient que des loosers qui faisaient plein de fautes d’orthographe, qui écrivaient n’importe quoi, etc.

Maintenant, les auteurs autoédités sont des professionnels aussi. Nous tenions à professionnaliser leur image, à vraiment apporter des services pour les auteurs exigeants, d’avoir vraiment un bel objet à la fin, dont on peut être fier aussi bien qu’en maison d’édition.

Je comprends mieux pourquoi j’ai eu un aussi bon feeling avec vous avec vous deux ! C’est vraiment ma démarche aussi de professionnaliser la partie autoédition et encourager les auteurs à le faire. Je trouve ça vraiment génial que vous participiez à redorer le blason de l’autoédition et à aider les auteurs à se professionnaliser. Merci beaucoup, Leslie !

Merci à toi Anaïs !

On se retrouve donc très bientôt pour le prochain roman qui n’est pas encore écrit mais, promis, tu auras des nouvelles.

Avec plaisir !

Merci. Je te souhaite une bonne fin de journée.

Merci, toi aussi. Au revoir !

A propos d'Anaïs W.

Auteure auto-éditée depuis 2015, je vis de ma passion depuis 2018, avec un SMIC réalisé chaque mois grâce à la vente de mes romans. Aujourd’hui, je travaille à temps plein pour faire connaître mes livres et partage mon expérience et mes stratégies avec vous sur ce blog ! :D

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  • Bonjour et merci de cette vidéo.
    Effectivement,c’est assez rare de trouver des amis objectifs pour une lecture critique du roman que l’on vient d’écrire. J’en ai aussi fait l’expérience mais le ressenti, après trois opérations de bêta-lectures sur le même roman est vraiment très enrichissante. Du coup, je réécris tout le roman, enfin, je le réorganise.

    Je voudrai revenir sur le passage des répétitions. Je n’utilise pas Antidote, mais j’ai testé le Robert qui me surprenait parfois, par sa rigidité. Je l’ai donc laissé tomber et je me contente de Word pour l’orthographe (je sais, c’est insuffisant)… Par contre pour les répétitions, j’ai un petit logiciel qui ne travaille que ça. Répétition-Detector 2
    Je le trouve génial (5,60€ la licence à vie). Il ne fait que cela.
    Vous copiez-collez votre texte dans le logiciel, vous appuez sur F5 et il vous sort le top 100 de vos répéts…
    Il souligne en vert, bleu, jaune, rouge ce qui vous permet de repérer de suite les répétitions.
    Et vous pouvez exclure des mots, en chercher d’autres etc.

    La réécriture de mon roman achevée, je le soumettrai à une lecture critique, mais la correction demande un budget trop important pour moi (578000 car ec), si vous avez une solution pour la financer, je suis preneur…

    Une question avant de partir (au risque de passer pour un inculte) pouvez-vous me préciser ce que vous entendez par alinéa ? J’ai pas compris ce chapitre.

    Merci Anaïs pour votre vidéo et pour vos articles en général et Merci 2li pour vos éclairages sur la lecture critique.

    A bientôt
    Camille

    Reply

    • Bonjour Camille ! Merci pour ce retour et ses infos sur les répét ! Je vais jeter un oeil à ce logiciel 🙂
      Pour l’alinéa, c’est le retrait en début de paragraphe. Dans les romans / livres de fiction, il est important qu’un alinéa soit là.
      Au plaisir!
      Anaïs

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