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Auto-publier son livre jeunesse : l’incroyable parcours de Sandrine Corre

Déc 09

En 2018, Sandrine Corre a décidé d’auto-publier son premier livre jeunesse Le chat qui voulait devenir un lion. Un an plus tard, Sandrine a vendu plus de 2500 exemplaires. Retour sur son incroyable parcours dans ce 8e podcast !

Quand Sandrine m’a contactée en août 2018, elle se préparait à lancer une campagne Ulule pour financer l’impression de ses exemplaires. Elle ne savait pas du tout comment diffuser cet évènement ni comment organiser la montagne de travail que représente le lancement d’un livre. Qui plus est, l’échec n’était pas une option pour Sandrine, autant dire qu’elle se mettait une grosse pression !

A peine un mois et demi plus tard, la campagne Ulule de Sandrine a pris fin et elle s’est avérée être une franche réussite : 60 livres vendus et 1250 € de participation, plus que les 1000 € initialement attendus ! Sandrine a ainsi pu lancer l’impression de ses 1000 premiers exemplaires.

Un succès qui ne s’est pas essoufflé avec le temps : un an plus tard, Sandrine a vendu plus de 2500 exemplaires du Chat qui voulait devenir un lion, notamment lors de séances de dédicaces et sur sa boutique en ligne.

Je vous propose aujourd’hui un retour complet sur cette incroyable année : comment Sandrine a-t-elle géré son lancement ? Quelles ont été les difficultés derrière ce succès ? Quels sont maintenant ses projets.

Réponse tout de suite !


Regarder la vidéo de l'interview :

Et la vidéo bonus de Sandrine Corre et ses stratégies pour vendre ses livres à tous le monde !

Ecouter l'audio seulement :


Retranscription de l'interview :

Bonjour Sandrine ! Nous allons remonter le temps à il y a un peu plus d’un an, en août 2018. Est-ce que tu peux nous dire où tu en étais à ce moment-là ? Quelle était ta situation ? Est-ce que tu avais déjà fait de l’autoédition ?

Fin 2017, par la force des choses, j’ai dû arrêter de travailler et je me suis alors retrouvée au chômage pour élever mes enfants parce que je n’avais plus personne pour les garder.

Je me suis remise à écrire. Là, je me suis rendue compte que c’était quelque chose que j’aimais faire depuis que j’étais gamine.

C’est venu comme une révélation. Depuis toutes ces années, je cherchais ma voie, je cherchais ce pour quoi je suis sur cette planète et j’ai dit : « Mais c’est ça qu’il faut que je fasse », parce qu’à travers les histoires, à travers les livres, tu peux transmettre des messages, tu peux aider des gens.

Je me suis rappelée que j’avais déjà écrit une histoire pour mes enfants. Elle était finie et je pouvais commencer par publier cette histoire-là. Mais OK, comment ça marche ? Qu’est-ce que je dois faire ?

C’est comme ça que tu en es venue à me contacter ?

Je n’y connaissais rien dans le milieu, mais je savais une chose : je voulais en faire mon métier et en vivre. Il n’y avait pas d’autre chemin pour moi. Du coup, j’ai cherché sur Internet et je suis tombée sur toi.

J’ai commencé à suivre tout ton blog, les articles que tu mettais. Je crois que j’ai dû tout regarder. Je me suis inscrite à ta newsletter et je t’avais contactée pour discuter, pour échanger. Cela correspondait à ce que je cherchais.

J’ai aussi fait un salon de l’autoédition où j’ai glané plein d’informations pour savoir ce que je devais faire, ne pas faire, mais je savais aussi que j’avais besoin d’être accompagnée. C’est bien beau d’avoir des informations, mais je partais du sous-sol. Je t’ai donc contactée pour aller plus loin et plus rapidement aussi.

Est-ce que tu peux rappeler aux auteurs qui nous lisent où tu en étais de la sortie de ton livre jeunesse quand tu es entrée en contact avec moi ? Quelles étaient les difficultés que tu rencontrais ?

Quand j’ai fait appel à toi, j’avais mon illustratrice et les illustrations du livre étaient en cours. J’avais déjà dans l’idée de sortir le livre jeunesse avec une campagne Ulule car financièrement c’était un peu chaud. Mais je n’avais aucun contact à part la famille, les amis et le bouche à oreille.

J’ai pris l’accompagnement avec toi en me disant que l’objectif était de sortir le livre, faire la campagne Ulule et commencer à me faire connaître. J’avais besoin de connaître les priorités, m’organiser, savoir comment communiquer là-dessus, à qui en parler ? à quel moment ? comment ? quoi mettre dans la campagne ?

Pour les auteurs qui ne connaissent pas, le principe d’Ulule, c’est de demander à des personnes extérieures qui croient en votre projet de participer à hauteur de 5, 20, 60, 120 € par exemple. En fonction du montant, ils ont des contreparties : le livre, différents goodies, des exclusivités…
Est-ce que tu peux nous faire un retour sur le début de l’accompagnement, les choses que tu as mises en place, que tu as apprises et découvertes, et éventuellement les difficultés que tu as affrontées pendant le lancement de ton livre ?

En fait, c’était dur pour moi parce que je suis quelqu’un d’hypersensible. Dès qu’il se passe quelque chose, en bien ou en moins bien, je le vis à 200 %. Quand il y a quelque chose de bien, c’est merveilleux, c’est génial. La vie est belle.

Je me rappelle un moment dramatique pour moi. Quand justement je préparais la campagne Ulule, j’avais passé des heures avec amis sur les contreparties, savoir comment, combien, où, le texte, et puis avant de lancer la campagne, je t’ai demandé ce que tu en pensais. Et là, tu m’as dit : « Ça ne va pas du tout. Il n’y a rien qui va ».

Je n’ai pas dit ça comme ça. (rires)

Non, mais c’est comme ça que moi, je l’ai reçu. En fait, ce que j’avais mis dans la présentation Ulule, c’était moi. J’avais mis une partie de moi et que tu me dises : « Non, ça ne va pas », j’avais l’impression que tu me demandais d’enlever une partie de toi. Et c’était très dur, j’en ai pleuré.

Je me souviens que c’était un moment difficile. Ensemble, nous avons pas mal bossé le contenu de la campagne, la manière dont tu présentais les choses, ton message. En effet, une campagne Ulule doit se démarquer par le texte, la manière dont on présente son « produit », dont on le met en avant. Pourquoi est-ce que les gens devraient s’y attacher ? Pourquoi est-ce qu’ils devraient participer ? etc.

L’atout que j’ai, c’est que j’arrive à m’adapter donc ça va être dur sur le moment. Je vais pleurer. Je vais tout remettre en question pendant un laps de temps, en général assez réduit mais quand même et, après, je rebondis.

Du coup, j’ai aussi demandé à une personne d’Ulule pour voir ce qu’elle en pensait. Elle m’a dit que ça allait. J’ai donc cherché un juste milieu entre tes conseils et sa remarque. J’ai viré des trucs où tu avais raison, qui étaient de trop. J’ai gardé mes petites notes d’humour par-ci par-là puis j’ai lancé la campagne.

Ça a bien marché. J’ai écouté tes conseils parce que tu as les compétences, l’expérience et je sais que tu es quelqu’un de bienveillant. Tu vas tout faire pour m’aider donc s’il y a un truc négatif qui en ressort, c’est parce que tu ne veux pas que j’aille dans le mur.

C’était vraiment mon rôle, de te montrer éventuellement ce qu’il peut être bon de faire, c’est-à-dire en termes de stratégie et de communication : penser aux autres et la manière dont ils peuvent percevoir ton travail. Sur la campagne Ulule, le but, c’est aussi qu’ils voient une certaine forme de professionnalisme pour qu’ils te fassent confiance et te donnent de l’argent.
C’est tout le truc aussi de l’autoédition de manière générale. Il y a d’un côté les lecteurs, qu’est-ce qu’ils veulent et qu’est-ce qu’ils attendent ? D’un autre côté, il y a moi, qui je suis et quel message je porte ?
Je me souviens, le premier brouillon de ta campagne Ulule, c’était très toi. C’était lumineux, hypersensible. C’était plein d’émotions, etc., mais du coup, ça faisait un joyeux bordel qui, pour des personnes complètement extérieures, pouvait inquiéter sur la qualité de ton travail, de ton livre.
Le but était donc de redonner un peu de professionnalisme à ta communication tout en gardant ta personnalité. C’est un travail que nous avons aussi fait par rapport à Facebook et ton site Internet, que nous avons créé pendant cet accompagnement.
Finalement, nous avons travaillé ensemble quasiment 7 mois, le temps du lancement de ton livre et, ensuite pour t’aider à organiser tes différents projets.
Est-ce que tu peux nous faire un bilan de ce que tu as appris cette dernière année ?

Je sais que, pendant l’accompagnement, au-delà de toute la technique et tout ça que je n’avais pas… j’ai eu énormément de développement personnel. Je suis sortie grandie. En plus, je t’ai découverte un peu plus que ce que l’on voit et c’est super. Je suis contente.

Ce que j’ai adoré, ce que j’ai apprécié, c’est donc ça et aussi ta capacité à trouver mes points forts. C’est-à-dire que tu vas m’apprendre ce que je ne sais pas, etc., mais tu vas savoir me dire : « Mais ça, tu sais faire ».

Par exemple, pour moi, c’est normal de vendre un livre au chauffeur de taxi ou de bus. Ils le veulent, je ne vais pas leur dire non. Et tu étais surprise que j’y arrive si bien ! Quand après, j’ai fait des séances de dédicaces, je me rappelle que plusieurs fois, tu m’as dit : « Mais comment tu fais pour en vendre autant ? ». C’est vrai que, comme je n’avais pas de comparaison, pour moi, c’était normal.

Peux-tu préciser, pour les auteurs qui nous lisent, combien de livres tu vends pendant tes séances de dédicaces ?

En moyenne dans l’année, parce qu’il y a des périodes où j’en vends plus et d’autres périodes où j’en vends moins, je vends une cinquantaine de livres par dédicaces.

C’est un livre jeunesse qui s’appelle « Le chat qui voulait devenir un lion ». Il coûte combien ?

Il coûte 9 € et ça peut aller jusqu’à 15 € avec les goodies : poster coloriage, autocollants, etc.

Mon record, c’est 89 livres en une journée. Je suis assez fière de ce record, sachant que je ne suis pas quelqu’un d’archi-connu.

Donc, si je fais un feedback, il y a un an et demi, je me dis : « Waouh, le chemin que j’ai parcouru ». Le livre est sorti fin novembre 2018 et j’ai vendu plus de 2 500 exemplaires !

Bravo !

Merci ! Je n’en reviens pas moi-même parce qu’à la base, j’avais commandé 1 000 livres en me disant : « Bon, ça devrait me tenir un an » et en fait, non.

Et, comment dire ? L’autre évolution, c’est qu’à force que tu me dises : « Mais comment tu fais pour en vendre autant ? », je me suis posée la question et je me suis rendue compte que j’ai une méthode que je peux transmettre aux autres auteurs à travers des accompagnements.

Donc ça c’est un nouveau projet ! Est-ce que tu en as d’autres en cours ?

J'ai mon deuxième livre « Les mésaventures de super coquillette » qui est dans les mains de l’imprimeur. Il sortira avant Noël et je refais une campagne Ulule, assez express à cause des délais.

C’est là qu’on voit la répétition : on apprend une fois, on peut ensuite le reproduire. C’est ce que je dis lors de mes accompagnements mais aussi, de manière générale sur l’autoédition.
Beaucoup d’auteurs préfèrent déléguer par exemple la mise en page de leur livre car ils ne veulent pas mettre les mains dans le cambouis. Quand on a deux mains gauches avec Internet, je peux concevoir que ça puisse être compliqué mais je pense qu’il y a beaucoup d’auteurs qui sont capables d’apprendre à le faire ! Ça va leur épargner beaucoup d’argent d’une part, et ils pourront ensuite le refaire par eux-mêmes autant de fois qu’ils en auront besoin comme ils sauront comment s’y prendre.
Donc, à travers l’accompagnement, tu as appris à faire le lancement de ton livre. Tu as aussi appris sur toi-même par rapport à la confiance en toi, comment tu étais capable de gérer, de t’organiser, de mettre tes priorités.
Aujourd’hui, ce sont des compétences que tu réutilises dans tous tes projets, que ça soit l’accompagnement des auteurs grâce à la confiance que tu as acquise ou la sortie de ton livre pour la partie stratégique et communication.
Tu m’avais parlé aussi du fait que tu avais commencé à créer une maison d’édition. Tu vas éditer d’autres auteurs ?

Oui ! C’est pour ça que j’ai dit qu’en un an, il s’est passé tellement de choses. Là, j’ai accompagné une auteure à sortir son premier livre jeunesse et, pareil, elle devrait le recevoir la semaine prochaine. Il s’appelle : « JT, le petit jardinier ».

Cette auteure, elle a fait des devis chez des imprimeurs, chez des maisons d’édition et chez moi. Quand elle a vu que j’étais 2 à 3 fois moins cher que les autres, elle est passée par moi. Financièrement, il faut pouvoir avancer la somme et les auteurs souvent se bloquent à cause du stock qu’il faut ensuite vendre. Mais c’est le meilleur moyen de faire !

Oui, c’est vrai !

Le fait de les avoir payés, de les avoir achetés, de les avoir dans le garage ou dans une pièce avec quantité de cartons que vous voyez tous les jours, vous vous bougez et vous n’avez pas le choix.

Avec l’impression à la demande, vous avez peut-être un petit stock parce qu’il faut bien en avoir, mais vous n’allez pas avoir le même impact, le même dynamisme et la même force.

Attention, à ne pas se faire arnaquer, mais j’encourage les auteurs qui peuvent, qui ont les moyens et qui veulent y arriver, d’imprimer leur livre et de faire des événements…

En tous cas, c’est magnifique ! Je voulais quand même te dire que… Cette année, nous avons pris un petit peu des nouvelles de l’une et de l’autre mais je tiens quand même à remarquer et à dire aux auteurs qui nous lisent aujourd’hui à quel point je vois le changement. Je le vois dans ta façon de parler, de bouger. Je peux l’entendre dans tout ce que tu dis, que vraiment, tu as gagné une forte confiance en toi, en ton travail et en ce que tu es capable d’apporter et ça, c’est vraiment génial. Alors, vraiment, je te félicite !

Merci !

Et je te remercie d’avoir partagé tout ça aujourd’hui. C’est mon mot de la fin. Est-ce que tu as une dernière chose à dire sur ton parcours de cette année ?

Je crois que j’ai quasiment tout dit. Après, c’est plutôt un conseil : Ayez confiance ! Lancez-vous et faites appel aux personnes qui peuvent vous aider ou qui vous comprennent.

J’ai la chance d’avoir une famille, des parents qui m’ont soutenue. Malgré ça, pour le deuxième bouquin qui est en cours, ils avaient vraiment peur. J’ai ma mère qui m’a lancé une petite phrase comme ça, « Tu sais, avec ton frère, on s’inquiète beaucoup pour toi. On a peur que tu ailles dans le mur ».

Alors que tu t’en es très bien sortie !

J’ai pris cette phrase comme une petite bombe pendant quelques heures, jusqu’à ce que j’assimile. J’ai des croyances limitantes qui sont remontées, de gros doutes, etc., et du coup, j’ai fait la part des choses.

Maintenant, si j’ai une question, je ne vais pas me tourner vers eux parce qu’ils ne s’y connaissent pas plus que moi, ils ne peuvent pas m’aider. Du coup, mon conseil c’est : n’en parlez pas à tout le monde ! Demandez à ceux qui peuvent vous aider et qui veulent vous aider dans la bienveillance.

Merci Sandrine. C’était très pertinent. C’est comme tout projet assez ambitieux, on peut vite se retrouver coincé par les pensées et les peurs des autres, alors que si on se dirige vers des gens qui ont fait le parcours avant nous et qui sont à même de nous conseiller, c’est bien plus porteur. Donc, en effet, avoir confiance.
Je te remercie encore énormément Sandrine pour la confiance que tu m’as accordée il y a un an et de partager tout ça aujourd’hui avec nous !

Merci à toi parce que c’est grâce à toi et merci de m’avoir tellement aidée. Merci !

Avec grand plaisir. Je te dis à très bientôt du coup !

À bientôt !

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À propos d'Anaïs W.

Je suis auteur indé depuis 2015 et auteur à temps plein depuis novembre 2016. Chaque jour, je mets en place des stratégies pour vivre de ma passion et je les partage avec vous sur ce blog.

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