Les Livres d'Anaïs W.
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“L’espoir au corps” : pourquoi un roman sur le VIH et le deuil ?

Après deux romans dédiés à l'adolescence, mon troisième livre L'espoir au corps, marque un véritable tournant : changement d'âge, changement de narration et problématique différente. Avec L'espoir au corps, j'ai aussi voulu aborder des thématiques fortes et d'actualité. Pourquoi cette soudaine envie d'écrire un roman sur le VIH et le deuil ? Je vous explique tout aujourd'hui dans ce petit article. 🙂

Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours écrit des histoires dans lesquels des personnes se démènent avec la vie. Mes personnages sont confrontés à des difficultés et doivent trouver le courage (et aussi l'envie) de les affronter. J'accorde beaucoup d'importance au réalisme de leur combat, à travers leur incohérence, leur hésitation, leur peur.

Le deuil dans L'espoir au corps

La toute première chose qui a inspiré L'espoir au corps est un cauchemar. Je suis l'aînée d'une fratrie de cinq enfants et j'ai un jour rêver que mes parents mourraient et que je devais m'en occuper. Assez angoissant, non ? Suffisamment pour que je me projette et cherche des solutions...

Kalinda, l'un de mes personnages, est l'incarnation de ce cauchemar. Après le décès de ses parents, cette jeune femme de vingt-six ans devient tutrice de ses deux jeunes frères et de sa soeur. Pour être capable de les élever, elle met son deuil entre parenthèses et tire une croix sur son avenir... Kalinda se dévoue corps et âme dans cette nouvelle vie, noyant sa peine dans son quotidien. Malheureusement, la fatigue s'accumule, ses démons menacent à chaque instant de la terrasser... Et se résoudre à une telle existence n'est pas si aisé !

C'est tout ce combat contre le deuil que j'ai souhaité retranscrire dans le personnage de Kalinda. Comment faire face alors qu'on ne prend pas le temps d'accepter ? Un jeu périlleux qui entraîne parfois des actes désespérés...

Mentir pour survivre

En effet, à l'histoire de Kalinda s'ajoute cette seconde facette : le mensonge. Quand elle rencontre Daniel, Kalinda retrouve soudain un peu de bonheur. Les cafés et les déjeuners qu'ils partagent sont des bouffées d'oxygène pour Kalinda. Insouciante, prête à tout pour ces quelques minutes de légèreté, elle ne réfléchit pas et décide de mentir à Daniel sur sa situation... Elle ne lui dit rien sur son rôle de tutrice, sa vie de mère...

​Avant qu'elle ne s'en rende compte, Kalinda tombe éperdument amoureuse, l'idée de ne plus avoir Daniel à ses côtés lui est insupportable. Elle fait alors le grand écart, jongle entre ses deux vies et s'y épuise un peu plus. Pourtant, elle le sait : l'issue sera fatale. Le jour où Daniel apprendra la vérité, elle se retrouvera seule. Ce jour-là, son deuil et ses démons lui sauteront à la gorge... au risque qu'elle ne soit plus capable de s'occuper de sa famille...

Pourquoi le mensonge prend-il cette dimension dans ce livre ? Car vous n'imaginez pas le nombre de personnes qui mentent pour ne pas avouer leurs faiblesses, pour cacher une vie qui les déçoit. C'est souvent un acte de désespoir. J'aimerai ainsi encourager toutes les personnes qui se sont enfermées dans un mensonge à faire leur maximum pour en sortir... et surtout, passer un message à tous les gens qui se retrouvent comme Daniel, face au fait accompli : essayez de comprendre avant de juger... tous les mensonges ne sont pas pardonnables, mais certains le sont peut-être.

L’espoir au corps est un véritable coup de cœur. Si Anaïs n’avait pas qu’à peine trente ans, on dirait facilement qu’il est le roman de la maturité.
~ Bibliza, Jurée livre poche 2016

L'espoir au corps : un roman sur le VIH

Le deuxième sujet fort de ce roman est le VIH. Dis comme ça, cela peut paraître un choix étrange ! Ne me demandez pas pourquoi j'ai choisi d'en parler ici et maintenant... l'inspiration a fait son travail, partant d'une envie... à une histoire.

J'ai toujours été sensible à la question du VIH, bien avant de commencer mes études en biologie. Je n'ai pourtant personne autour de moi souffrant de cette maladie. Je me suis souvent demandé : comment vit-on avec le VIH ? Quel est l'impact de cette maladie sur le quotidien, les relations sociales ou amoureuses... et le développement personnel ? Comment fait-on pour vivre alors que notre avenir reste parfois incertain ?

C'est un peu à toutes ces questions que j'ai voulu répondre dans L'espoir au corps, à travers l'histoire de Daniel. Nous apprenons au fil des pages son passé familial difficile, la découverte de sa séropositivité, les conséquences, les traitements... Nous suivons aussi ses réflexions, ses peurs et ses doutes lors de cette nouvelle relation avec Kalinda. Le personnage de Daniel, c'est ainsi beaucoup de souffrance... mais aussi beaucoup d'espoir.

Sensibiliser par la lecture

Avec L'espoir au corps, j'ai souhaité transmettre aux lecteurs, entre les lignes, des connaissances sur​ cette maladie à la fois médicales et humaines. J'ai voulu sortir des sentiers battus, offrir une nouvelle vision, différente de celle des médias et aborder des sujets dont on entend peu parler, comme la parentalité...

Après avoir fini l'écriture de L'espoir au corps, j'ai lu qu'en 2017, 22% des Français pensent qu'il existe un traitement pour guérir du VIH. J'ai été horrifiée. Comment peut-on lutter efficacement, faire de la prévention avec des croyances aussi alarmantes ? J'espère ainsi sincèrement que ce roman sera une source d'apprentissage pour mes lecteurs sur cette maladie !

Les enjeux

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, et encore plus si vous êtes abonné à ma Newsletter, vous savez à quel point je me démène aujourd'hui pour promouvoir la sortie de ce roman. En effet, il me tient à coeur, plus que jamais de diffuser les messages dont ce livre est porteur : un message de combativité et aussi sur le VIH.

J'ai ainsi contacté des blogueurs, des auteurs pour créer des partenariats. Après deux mois, ils sont 20 à avoir répondu à mon appel, passionnés par la lecture, intrigués par les thèmes soulevés dans ce livre. Je ne les remercierais jamais assez pour leur soutien !

Mais je ne me suis arrêtée là. J'ai commencé à voir du côté des médias, en envoyant des messages à des journalistes impliqués dans la culture, la littérature, la santé pour leur proposer de découvrir cette histoire. J'ai même envoyé des courriers à des "personnalités" comme Jean-Luc Roméro, homme politique séropositif et très engagé dans la lutte contre le VIH, ou encore Gérard Collard, critique littéraire et plus grand libraire de France... Ce mercredi j'ai eu la surprise d'avoir une réponse personnelle de Jean-Luc Roméro : il va prendre le temps de lire le résumé en 3 pages pendant ses vacances. J'espère qu'il me recontactera par la suite !

Tout cela me motive et me donne du courage. Je surmonte chaque jour mes peurs, ma timidité, mes doutes et mon manque de confiance en moi pour promouvoir L'espoir au corps, car je souhaite sincèrement diffuser mes messages auprès d'un grand nombre de lecteurs.

Finalement...

... comme je le disais lors d'une interview sur le blog d'Authente, L’espoir au corps, c’est un appel à la tolérance. D’abord la tolérance des personnes que nous côtoyons. Nous ne savons pas toujours ce qu’elles ont traversé et nous devons garder l’esprit ouvert. Puis bien sûr, la tolérance des personnes séropositives. Le VIH aujourd’hui n’est plus seulement le résultat d’un comportement déviant... C’est surtout un problème de prévention et de mauvaises informations.

Alors voilà pourquoi L'espoir au corps est un roman qui parle du deuil, du mensonge et aussi un roman sur le VIH. L'espoir au corps, c'est beaucoup de choses mais c'est surtout une quête.

L’espoir au corps n’est pas simplement un roman, c’est une leçon de vie dont chacun d’entre nous, quels que soient son passé et son expérience, peut tirer bénéfice.
~ Lucie Renard

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À propos d' Anaïs W.

Je suis auteur indépendante depuis 2015, passionnée par l'écriture depuis l'âge de douze ans. C'est durant mon adolescence particulièrement difficile que l'écriture est devenue une véritable soupape : cet univers violent, où l'on se cherche et se découvre en frôlant parfois les limites, est celui de mes deux premiers romans "Au-delà des tours" et "Débolis Héyavé". Ces romans d'apprentissage très réalistes sont pour tous les adolescents et les adultes, à la recherche d'un témoignage de combativité.

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1 commentaire
Joel dit 6 août 2017

Anaîs, Je viens de découvrir les premières pages de ” L’espoir au corps” Je tenais à vous remercier , oui car les très bons écrits sur ce sujet sont rares. Vous avez souhaité parler d un sujet souvent difficile et tellement vrai. Touché par cette maladie , ces différentes étapes me sont réelles et me parlent énormément.
Ce sont ces parcours de vie , de ma vie qui ont fait l acceptation de cette difficile maladie par ces propres peurs, espoirs mais aussi par l exclusion..et tant d autres contradictions ..je suis un “survivant” maintenant .
j aime beaucoup votre plume et votre approche . il est important que nombre de personne puisse lire votre ouvrage : c’est criant de vérité… de Vie , de ces Vies qui ne sont plus ..mais aussi de nos Vies maintenant.

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